Y a-t-il encore de l’espoir?

En août dernier, à la veille d’une entrée scolaire, je publiais mon article J’ose. Je voulais croire que nous aurions une meilleure année scolaire en 2017-2018. Je me posais la question si j’étais naïve d’espérer. Fiston allait tellement bien depuis quelques mois que j’avais vraiment l’espoir que les choses allaient en s’améliorant.

Aujourd’hui, six mois plus tard, la situation est totalement différente. Je suis complètement dépassée.

Ça va mal à l’école. Fiston n’est plus scolarisé depuis novembre 2017.

Ça va mal à la maison. Il est désorganisé, complètement passif, passe son temps sur l’ordinateur, la tablette ou devant la télévision à écouter des niaiseries pour adolescents!

Ça va mal aux scouts. Il a de fréquents conflits avec les amis.

Je suis dépassée, réellement.

Cette semaine, nous avions la révision du plan d’intervention de l’école. Je ne compte plus le nombre d’intervenants qui gravitent dans le dossier pour trouver une solution. Encore une fois, nous étions plusieurs autour de la table. Beaucoup de choses ont été essayées. Je ne peux aucunement remettre en doute la volonté et les actions de l’école à tout faire pour que fiston soit bien. Tout a échoué, pour le moment.

Première étape

Comment faire pour aider fiston à diminuer sa surcharge sensorielle? C’est vraiment ici la base de tous les problèmes. Fiston ressent trop de choses, trop de sensations physiques et d’émotions. Il ne sait pas quoi faire avec. Il ressent de la peur,  tout de suite la panique s’empare de lui. Il ressent de la tristesse, un torrent de larmes l’assaille. Il est frustré, il s’emmure dans un mutisme… Il ne peut juste éprouver le sentiment ou l’émotion. Il le vit intensément. À chaque fois.

Afin de l’aider à diminuer sa surcharge sensorielle, nous sommes donc rendus à sortir fiston du milieu scolaire. Il sera trois après-midis à la maison à faire des activités sensorielles: bac à sable, bac à eau, bricolage, etc. Pas d’électronique.

Comment pendra-t-il cette pause et ces contraintes? Franchement, je m’attends à ce qu’il rue dans les brancards, parce que, en plus, l’école va pousser pour des enseignements académiques le matin.

Comprenez-moi bien, je ne suis pas contre cette nouvelle routine. Je sais juste qu’elle ne sera pas facile.

Pas facile à accepter pour fiston.

Pas facile à organiser pour maman.

Pas facile à éduquer pour l’école.

Et au final, pas facile à gérer pour moi. Encore une fois, je suis au centre de la nouvelle routine. Il reste à planifier le tout.

Ça me fait un peu peur. Avec raison probablement. Vais-je tenir le coup?

Parce que si cette solution ne fonctionne pas, il reste quoi?

Deuxième étape

L’école est à regarder si un autre milieu ne serait pas mieux adapté pour fiston pour cette année ou encore l’an prochain.

Première possibilité: une classe COM-TSA. Une classe composée de sept enfants, tous présentant un trouble du spectre de l’autisme avec prof, éducatrice et autre personnel de soutien spécialisés en autisme. Les enfants sont âgés entre six et treize ans et sont de différents niveaux scolaires. Cette classe utilise la méthode TEACH. Pour cette scolarisation, on est soit en adaptation soit en modification. Si c’est la modification, la diplomation n’est pas assurée… On peut être admis dans ces classes quelques fois par année.

Deuxième possibilité: une classe multi-sens. Les enfants autistes sont intégrés dans une classe régulière, mais une équipe de spécialiste est présente pour tous les besoins: éducatrice, psychoéducatrice, orthopédagogue, etc. Certains ou plusieurs sont formés au modèle SACCADE. On ne peut être admis qu’une seule fois par année, au début de l’année scolaire.

Pour ces deux possibilités, l’école a entrepris des démarches. On me demande de compléter un formulaire et de dire mon acceptation ou non de ces classes.

Je dois dire que je suis, à priori, totalement contre la classe COM-TSA. Fiston est tellement conscient (et c’est un gros problème!) de sa différence et de la différence des autres également, que je crains une fermeture complète de sa part. Peut-être que je me trompe. Peut-être que ma petite voix intérieure est la bonne. Sincèrement, à ce moment, je doute de mes capacités de prise de décision…

Pour la deuxième possibilité, je ne serais pas contre de prime abord . Toutefois, j’ai de GROSSES réserves sur les trois possibilités d’écoles….

Mais ce qui me chicote encore plus dans tout ça, c’est que nous ne savons pas ce qui fait ’tilter’ fiston à l’école, et ce qui amène un débordement dans les autres sphères de sa vie…. Peut-être en trouvant la solution maintenant, tout rentrera dans l’ordre rapidement. Les autistes ont cette faculté qu’une fois le problème réglé, tout redevient plus harmonieux rapidement (j’allais utiliser le terme normal…).

Si on ne sait pas ce qui le tracasse, comment prendre la bonne décision d’école dans ces conditions?

En plus, j’avais l’intention de ne pas envoyer fiston au service de garde le midi et le soir. Tout ça dans le but de diminuer les stimulations. Avec un bon encadrement, il pourrait être assez autonome pour dîner à la maison, avec sa boîte à lunch déjà préparée… Mais un changement d’école modifierait complètement la routine. MA routine. Je ne sais pas si je suis capable d’y faire face….

Troisième étape

J’ai fait réévalué fiston en ergothérapie pour son trouble de modulation sensorielle. Je voulais voir où on en était. Une des recommandations du rapport est une évaluation en orthophonie (encore des frais!). Je suis d’accord, fiston a de grosses difficultés au niveau de la communication, que ce soit la façon d’entrer en communication ou encore la compréhension de cette dernière. De plus, il faut régler son zézaiement. Le dentiste me le demande à chaque visite….

Une autre recommandation est l’accès à un local fermé et sans bruit pour permettre à fiston un retour au calme rapidement, et donc, un retour aux apprentissages. S’il y a une chose que l’école n’a pas complètement réalisé, c’est un local fermé. Certes, fiston a accès au bureau de son éducatrice mais ce dernier n’est pas fermé par le haut. C’est vraiment le seul élément qui accroche à ce moment.

***

J’en suis où moi avec tout ça? Il faut croire que je commence un peu à perdre espoir. La fatigue et la charge mentale font des ravages sur mes capacités physiques et mentales. Mes capacités d’adaptation sont un peu limitées en ce moment. Chaque petit ressac me déstabilise… Il me semble que l’espoir diminue à chaque jour. Je dois trouver le moyen de le maintenir et de le ranimer. En fait, ce qu’il faut s’est s’accroché jusqu’à ce que la tempête passe.

Je peux vous dire une chose: j’ai survécu à 100 % des mauvaises journées jusqu’ici. Impressionnant comme statistique, non? Ça ne m’empêche quand même pas d’attendre une solution miracle….

 

In the end, everything will be OK. If it is not OK, it is not the end.

John Lennon

 

 

 

 

 

C’est le système!

Je l’attendais celle-là! Nous avons été suffisamment priorisés pour obtenir l’aide d’une travailleuse sociale spécialisée en autisme. Nous allons perdre la magnifique ressource du CLSC qui nous a accompagné jusqu’ici. Celle de l’équipe famille-enfance-jeunesse. Nous entrons maintenant dans le monde des intervenants spécialisés en autisme.

J’ai donc reçu aujourd’hui la visite de l’intervenante pivot en autisme, une travailleuse sociale.

Je n’ai absolument rien à dire contre la personne : gentille, efficace, connaît son affaire.

J’ai moins aimé le fait que je ne suis pas encore inscrite sur la liste pour le répit. Environ un an d’attente à partir du moment du dépôt de la demande. On complétera la demande la semaine prochaine…

Je croyais que cette demande avait été faite en même temps que la demande à l’équipe Autisme. Ben non! Naïve que je suis!

La travailleuse sociale a beau évaluer nos besoins à un répit par mois (puisque je suis monoparentale à temps plein); évaluer à 4 heures de gardiennage par semaine (le CLSC paie 2,75 $ l’heure tant que l’enfant n’a pas 12 ans), je n’aurai pas accès à l’enveloppe répit avant au moins un an.

Moi qui pensais qu’on faisait partie des 700 familles en attente de répit au Québec. On n’est même pas comptabilisé. On est dans le fin-fond du double-fond au plus profond du tiroir! Tsé-là quand le gouvernement américain cache l’arche d’Indiana Jones dans un entrepôt perdu sous 10 millions de caisses? Ben c’est à peu près comme ça que je me sens en ce moment.

Fuck!

La pauvre femme n’avait rien d’autre à m’offrir. Pas d’éducatrice disponible. Pas accès aux services du CRDI (ergothérapie, etc.); rien parce que de toute façon, tout va bien à la maison. C’est l’école le problème et elle ne peut rien faire pour ça, ce n’est pas son champs d’intervention. Mais je l’ai trouvée super smat la dame. C’est pas elle le problème. C’est le système!

 

On m’avait dit que tout irait mieux quand l’équipe autisme serait finalement dans le dossier. Mais pour notre besoin le plus pressant, faut attendre que le système soit rendu à nous…

On repassera pour le sentiment d’être enfin aidée. On s’en reparlera dans un an, au minimum.

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Elle aurait aussi aimé que je commence la rééducation sensorielle de fiston avec une ergothérapeute qualifiée en autisme. Elle dit que ça l’aiderait probablement à gérer mieux l’information provenant de ses sens. Celle que je paie de ma poche en ce moment n’est pas qualifiée en autisme donc elle ne peut faire de rééducation sensorielle…

Premièrement, c’est quoi ça la rééducation sensorielle?

Deuxièmement, c’est pas ma priorité.

Troisièmement l’approche n’est pas démontrée… Plus de recherche de ma part sont nécessaires. À suivre.

La cible

Toute qu’une journée. Je ne sais même pas par où commencer…

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C’était la rencontre des parents ce soir à l’école. Cette rencontre a été convoquée parce qu’on en est à la cinquième enseignante dans la classe. C’est beaucoup à gérer pour une classe qui est déjà en difficulté. La direction est venue nous contextualiser le roulement de personnel, ses bonnes intentions et tout ce qu’elle faisait pour le bon déroulement du reste de l’année.

Les parents, on ne vit pas tous sur la même planète, c’est certain. Plusieurs s’inquiètent de la performance de leurs enfants, d’autres qu’on les appelle pour un oui ou un non, d’autres que les éléments perturbateurs devraient être sortis à coups de pieds au derrière pour laisser leurs enfants tranquilles. Certains parents ont des enfants parfaits, d’autres ont des enfants ayant des troubles de comportements, d’autres ont des enfants ayant des difficultés d’apprentissage.

Mélanger le tout, saupoudrer de 5 enseignantes et ajouter un autiste : voilà, la table est mise pour une année très difficile. La direction n’a pas utilisé ces mots exactement mais elle a souligné qu’elle n’avait jamais vécue une année aussi difficile, et ce, pour l’ensemble de l’école, pas seulement cette classe.

Je n’ai pas pu m’empêcher de sentir une belle cible dans mon dos lorsqu’on parlait d’éléments perturbateurs, d’enfants désorganisés, de prise de contrôle de la classe par un enfant. Certains parents ont parlé d’appeler la police quand un enfant se désorganisait, de le sortir de force, de le contenir… bref tout ce qu’un individu peut dire quand il ne connait pas une problématique, à l’exception de ce que son enfant lui raconte. Si on n’a pas d’enfant autiste, on ne peut même pas imaginer ce que sait. Faut le vivre pour le comprendre.

La direction nous a également annoncé qu’une technicienne en éducation spécialisée serait à temps plein en classe jusqu’à la fin de l’année et que tout enfant perturbateur serait sorti à compter de maintenant illico presto.

La direction demande également qu’on l’informe quand l’enfant n’a pas passé un bon début de journée à la maison.

La direction compte sur la collaboration des parents pour le reste de l’année.

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Pour contextualiser la soirée, je dois vous faire part de ce qui est arrivé dans la journée. Fiston s’est désorganisé à l’école, encore une fois. Depuis l’arrivée de la nouvelle prof, ça arrive presque tous les jours. On m’a donc appelée vers 15h pour que je vienne chercher fiston parce qu’il refusait de sortir de la classe par lui-même. Tous les enfants ont donc été sortis par sécurité. Il se promenait debout sur les bureaux et les étagères du fond. Quand je suis arrivée, en 1 minute je l’avais sorti de classe…

On a demandé à ce qu’il ne retourne pas en classe demain vendredi. Encore une fois. On appelle ça un arrêt d’agir. Certains l’appellent expulsion ou suspension… On veut prendre le temps de réévaluer la situation.

J’ai évidemment demandé ce qui s’était passé pour que fiston soit dans cet état. On m’a affirmé qu’on ne le savait pas. Hum…. vraiment?

J’ai parlé avec le directeur adjoint et la technicienne en éducation spécialisée de fiston. Je ne suis pas certaine qu’ils comprennent bien la problématique. En fait, ils ne réalisent pas du tout à quel point fiston est anxieux, angoissé. On m’a demandé de fournir tous les documents du diagnostic de fiston pour que monsieur le directeur adjoint puisse se faire une tête sur les particularités de fiston. Dans l’autre école, il a réussi à bien intégré un autiste asperger…

J’en ai profité pour rappeler qu’un local pour se calmer, à mettre à la disposition des autistes seraient probablement une belle avancée. On m’a affirmé qu’il y en aurait un dans les prochains jours… ça reste à voir. Je lui ai fait part des caractéristiques autistiques de fiston. De comment il est, de ses forces, de pourquoi le disque s’enraye…

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Les intervenants de l’école ne savaient peut-être pas ce qui s’était passé, mais je suis certaine que fiston le savait. Je devais juste attendre qu’il soit prêt à en parler. Il a joué dehors près de deux heures avant d’entrer pour souper. Et c’est là que je l’ai cuisiné.

Fiston avait bien dormi et la journée avait bien commencé. Mais à la fin de la troisième période, juste avant le dîner, l’enseignante a demandé à fiston de sortir parce qu’il niaisait. Ce qu’il a fait. Elle lui a dit qu’il ne pourrait pas retourner en classe tant qu’ils ne se seraient pas parlé en début d’après-midi. Au retour de l’heure du dîner, fiston est entré en classe mais est ressorti de lui-même puisque la consigne était de parler avec l’enseignante avant d’être réintégré. Il a patiemment attendu jusqu’à ce que cette dernière lui ordonne d’entrer. Il lui a donc rappelé qu’ils devaient se parler avant… elle avait oublié; elle ne l’a pas écouté.

Qu’est-ce qui se passe dans le cerveau d’un autiste quand on lui dit une séquence et qu’en fait on ne la respecte pas? Le disque s’enraye. Le disque s’enraye encore plus vite si l’enfant est angoissé.

Pur et simple.

L’enseignante a donc appelé une TES à l’aide pour gérer fiston. Une première TES est arrivée, une toute nouvelle dans l’école depuis mardi.

Puis une deuxième. Nouvelle.

Puis une troisième. Connue.

Trois TES autour de fiston pour le faire entrer dans la classe, lui demandant de faire le bon choix.

Mais tenez vous bien parce que la suite est abracadabrante, si elle est vraiment vraie. Ce que fiston jure solennellement.

Le plus jeune frère d’un de ses amis, en 2e ou 3e année, s’est présenté devant lui avec une feuille de papier écrit : rentre dans la classe.

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Je veux bien croire que gérer mon enfant peut parfois être difficile quand tu as une classe de 26 élèves avec de grandes problématiques de comportements et d’apprentissage.

Mais il y a des limites!

***

Encore une fois, une série d’erreurs ont été commises avec fiston. Sont-elles de bonne foi?

  1. On change la séquence des choses pour la réintégration. C’est parce que s’cuse mais il est autiste, tu dois refaire une séquence avec lui pour réussir à le sortir de l’état où il se trouve, c’est-à-dire en attente de parler avant d’entrer. Toi tu veux qu’il entre avant de parler? explique le sens du changement et il va te suivre.
  2. On exige de fiston qu’il fasse le bon choix. C’est parce que s’cuse mais il est désorganisé, il ne peut faire AUCUN choix. Il est figé. Comme si son cerveau était dans un brouillard très épais et qu’il doit attendre qu’il se dissipe avant d’en sortir.
  3. On se met à trois intervenantes pour le gérer, dont au moins deux nouvelles intervenantes et une troisième connue? C’est parce que s’cuse mais il est désorganisé, en surcharge sensorielle. Dégage de sa bulle, place une intervenant qu’il connait pas trop loin et attend chose. Ça ne sert à rien de lui donner plus d’information et de consigne, l’ordinateur ne traite plus aucune information!
  4. Tu envoies un enfant avec un message écrit? C’est parce s’cuse, mais il ne s’attend pas à celle-là. Pour lui, ça ne peut juste pas qu’un enfant lui apporte une consigne, qu’elle soit écrite ou non. C’est impossible dans sa tête.
  5. Pis malgré tout ce qui s’est passé tu t’entêtes à le faire entrer dans la classe pis tu te demandes pourquoi il s’est complètement désorganisé à monter sur les bureaux et les étagères? As-tu respecté le fait qu’il est autiste et que tout ce que tu as fait c’est enrayé le disque encore plus? Non ben s’cuse toé chose!!!! Ce n’est pas l’autiste le problème ici, c’est ton beep de comportement.

***

Non mais il y a des fois je me demande quand ça va finir. Qu’est-ce que je dois faire pour que l’école comprenne? La bonne foi je commence à en avoir plein mon casque.

J’ai demandé de la formation pour les intervenants en lien direct avec fiston. On a encore une belle preuve de non compétence en la matière et de besoin urgent de formation.

***

Alors ce soir, j’aurais aimé me lever et le crier à tous les parents que fiston est autiste, que l’école ne sait pas comment faire avec lui et qu’au lieu de le reconnaître, blâme le comportement de fiston. J’aurais aimé leur dire qu’une plainte a été déposée à la commission scolaire parce que justement, l’école en a plein les baskets. Et que tous ces changements de personnel, qu’ils soient voulus ou non, constituent un obstacle gigantesque pour un enfant asperger.

Mais vous savez quoi? Ça n’aurait changé absolument rien. Parce que plusieurs des parents présents ce soir sont fermés à la différence. Ils ne la vivent pas quotidiennement, ou même hebdomadairement, alors comment comprendre?

***

Les prochaines semaines seront difficiles. Mais j’ai collaboré avec l’école aujourd’hui, ça on ne peut me le reprocher. En moins de 20 minutes, j’étais sur place pour sécurisé fiston. Le directeur adjoint parle de reprendre les besoins des enfants à la base,  soit commencer par les sécuriser, selon la Pyramide de Maslow. J’ai un tout petit espoir que le directeur adjoint pourra trouver une solution. Tout petit.

Parce que sinon, qu’est-ce qui nous reste?

 

 

 

 

 

 

Warrior mom

J’ai vu quelques fois l’expression Warrior mom sur différents sites et de blogues de parents d’enfant autiste.

Je pense que, jusqu’à hier, je n’en comprenais pas toute la portée et la signification de cette expression.

Après avoir appris que l’école ne reconnaissait toujours pas l’autisme chez fiston, j’ai mis en branle une série d’actions pour faire changer les choses. J’ai sorti l’artillerie.

J’ai frappé sur le clou de quatre différentes façons.

Et j’ai signifié qu’à partir de maintenant, ce serait toujours le même message.

***

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Les dernières nouvelles – diagnostic

C’était le suivi chez le médecin cette semaine. Je l’ai devancé de deux mois parce que les intervenants du CLSC me disaient que la médication de fiston n’était peut-être pas optimale. Le dossier de fiston est passé au guichet santé mentale jeunesse. Par deux fois. On nous a demandé de compléter de nouveaux formulaires. L’évaluation de son comportement, après trois mois de médication, fait état d’un déficit d’attention. Mais les comportements difficiles persistent. D’où la possibilité d’augmenter la dose.

Je n’étais pas certaine de mon côté mais bon, on est allé faire le suivi. Avant le départ pour le camp de vacances, avant le retour à l’école. Le timing était parfait.

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Médication-alimentation-fiston: un drôle de mix

C’est bien connu, la médication TDA a un impact important sur l’alimentation des jeunes.

Fiston n’échappe pas à cet impact. Après un mois de prise de médicament, il avait perdu presque trois livres.

La médication agit comme un coupe-faim. Pourtant il est à l’âge de commencer à manger beaucoup plus. C’est totalement le contraire. J’ai donc dû m’adapter (encore une fois!) et changer les routines, les aliments, etc. Quand on a en plus un trouble de la modulation sensorielle au niveau du goût, le défi est encore plus important.

Premièrement, les aliments. J’ai changé pour du lait 3,25 %; je mets de la margarine dans tout sandwich; je lui donne du bacon au moins une fois semaine; il mange du yogourt à au moins 8 % de gras; je lui donne de laits protéinés. La seule chose que je n’ai pas réussi à lui faire manger plus, ce sont les légumes. Les fruits, ça va. Pour compenser une alimentation déficiente, on est passé aux multi-vitamines et aux suppléments de probiotiques.

Deuxièmement, j’ai changé les routines. Avant, le souper était vers 17h30. Maintenant, on soupe vers 19h. En arrivant à la maison, il prend une bonne collation. Soupe vers 19h et a une collation vers 20h. Ben oui, même une heure après avoir mangé il en veut encore. Et c’est correct. La moitié ou plus des calories est prise le soir, après 17h. La médication commence à disparaître et la faim réapparaît doucement. Tout ce qu’il a envie de manger qui est bon pour la santé, il y a droit, indépendamment des quantités.

Il a aussi souvent, pour dessert, deux biscuits Oreo, ses préférés, avec un bon verre de lait.

Avec bientôt quatre mois de médication, je commence à faire des liens avec la médication, le manque de calories pour bien faire fonctionner le corps et le comportement de fiston. Mon hypothèse? Il est hypo-glycémique, c’est-à-dire qu’il fait des chutes de glycémie.

J’ai remarqué que, quand il est en manque de calories, son comportement change énormément. Il devient très agressif et en opposition. C’est à ce moment qu’il devient le plus violent. Et qu’il me frappe. Je l’oblige à manger quelque chose et hop! cinq minutes plus tard il est redevenu gentil.

J’ai donc demandé à lui faire passer des prises de sang pour valider mon hypothèse. L’infirmière est catégorique: il a une glycémie normale à 4.8.

Je ne suis pas convaincue. Prochaine étape pour l’alimentation, une nutritionniste.

L’évaluation intellectuelle

Les choses bougent, tranquillement. Il y a deux semaines, l’école m’a demandé l’autorisation de faire une évaluation cognitive (intellectuelle) de fiston, évaluation demandée par le CLSC. J’ai accepté évidemment. Avec cette dernière évaluation, le cas de fiston sera présenté au Guichet santé mentale jeunesse la semaine du 8 juin 2015. Lire la suite

La rapport de l’ergothérapeute

Nous avons reçu le rapport de l’ergothérapeute. Cette dernière considère que l’hypothèse de la modulation sensorielle est fort probable. Seul un médecin peut poser un tel diagnostic, à la lumière du rapport de l’ergothérapeute. La modulation sensorielle serait au niveau du goût, de l’ouïe et du toucher. Lire la suite

La nouvelle médication

Cette semaine, j’ai pu finalement parler à l’infirmière de la clinique pour les symptômes anxieux de fiston, anxiété exacerbée par la première médication. Je lui expliquais que je pouvais vivre avec des heures de coucher entre 21h30 et 22h (c’est horrible mais que voulez-vous?) mais que je ne pouvais accepter de voir mon fils en pleine crise de peur la nuit. Donc, on essaie une nouvelle mouture.

Aujourd’hui, c’était la première dose. Il n’a presque pas mangé de la journée. Il a écouté son heure de télé en arrivant, et, quand est venu le temps de fermer la télé, j’ai eu droit à la crise: les cris hystériques, les coups, les mots méchants.

J’espère que ce ne sera pas comme ça à tous les jours!

Il a fini par manger un demi-sandwich au jambon pour souper, avec un demi-muffin aux bananes. Collation avant le dodo: lait chaud et miel et banane…J’ai dû lui faire prendre une multivitamines ce matin pour parer les carences de son alimentation.

Avec la psychologue, nous avons également convenu que mon approche d’apaiser l’anxiété était la bonne: il s’endort dans mon lit, et je le transporte par la suite vers le sien. On a découvert que ce n’était pas de l’anxiété de séparation, comme nous le soupçonnions depuis longtemps mais bien de l’anxiété due à son trouble de modulation sensorielle, trouble qui est mis à rude épreuve à l’école. Donc, j’essaie d’apaiser tous ses sens. Quand le porc-épic sera moins effarouché, que la médication fera son effet, nous pourrons travailler sur d’autres problématiques.

J’ai également changé les trois exigences sur lesquelles nous travaillons.

1) se lever le matin et partir à temps (il réussit presque tout le temps, sauf le lundi, donc ça va aider son estime!)

2) limiter les heures de télé à 1h la semaine et 2h la fin de semaine. Encore beaucoup de crises à gérer.

3) prendre au minimum trois douches par semaine, avec le but d’augmenter à 4 minimum.

Pour absolument tout le reste, c’est moi qui assure. Comme d’hab!