Tout est permis

Dans les dernières années, j’ai rarement été enchantée d’une rencontre du plan d’intervention scolaire autant que je l’ai été aujourd’hui.  C’est pas peu dire.

Classe COM-TSA

Fiston est en classe COM-TSA depuis le début de l’année. Ce n’était pas mon premier choix, loin de là. Mais des fois, on n’as pas le choix de se rendre compte que le régulier ne fonctionne plus pour un enfant. C’est encore plus difficile à accepter quand cet enfant réussi ses années scolaires avec des notes supérieures à la moyenne. Mais à quel prix cette réussite?

Fiston n’a pas réussi sa cinquième année. Après tant d’années à faire des efforts, il a simplement refusé de continuer à ce rythme. Résultat?  Absence de notes à son bulletin pour la deuxième et troisième étapes de sa cinquième année. Plusieurs facteurs ont contribué à cet état de fait. Un manque de confiance envers une école qui ne le respectait pas dans ce qu’il est; une médication qui ne fonctionnait plus; peut-être même un épuisement autistique.

Chose certaine, les intervenants de l’école précédente ne le comprenait pas et ne voyait pas au delà de son autisme. C’était une bibitte ben compliquée pour eux.

Donc, fiston est maintenant en classe COM-TSA, soit une classe spécialisée composée de sept enfants, tous autistes, mais tous différents. L’enseignante est accompagnée en permanence par une technicienne en éducation spécialisée (TES), en plus de pouvoir compter sur une psychoéducatrice et d’autres intervenants spécialisés.

Située dans une plus petite école que la précédente, la philosophie de cette école est très différente. On prône le respect de l’enfant et de ses particularités. On va au rythme de l’enfant.

Depuis le début de l’année, le but de la nouvelle école était que fiston demeure en classe. À son ancienne école, fiston passait 99% de son temps à l’extérieur de la classe avec sa TES, en permanence dans un local totalement inadéquat pour un autiste (bruyant, entre le gymnase et la cuisine!!!).

La nouvelle équipe-école s’était préparée à accompagner un enfant qui ne restait pas en classe. À la première journée, fiston est sorti quelques minutes. À la deuxième, il y est resté pour ne plus en ressortir.  Parfois, il demande à aller prendre une petite marche ou avoir une discussion avec la TES dans le local de retour au calme.

Parfois.

Il est maintenant en permanence dans sa classe depuis plus de deux mois.

Première victoire pour l’école et fiston.

Il fait ses travaux, ses devoirs, ses leçons. Il fonctionne très bien en classe. Participe, s’intègre, etc. Les objectifs du plan d’intervention précédemment établi à l’ancienne école, sont maintenant atteints.

Objectifs établis il y a plus de deux ans.

Objectifs atteints en deux mois.

WOW.

Les nouveaux objectifs du plan d’intervention

À ma première lecture du nouveau plan d’intervention, une chose me surprend agréablement: la liste des forces de mon enfant.

Là où précédemment on avait fait une liste de quatre forces assez génériques, ici il y en a une bonne dizaine. Toutes ‘sur la coche’ comme on dit. Fiston y est décrit de façon tellement juste, que j’en ai les larmes aux yeux. Des forces magnifiques sur lesquelles il peut s’appuyer.

Finalement, des personnes voient mon enfant de façon aussi positive que je peux le voir.

Voir un enfant pour ce qu’il est, au-delà de l’autisme, est une qualité que bien peu d’organisations scolaires maîtrisent. Cette équipe-là, oui.

Deuxième victoire pour l’école.

Au cours des prochains mois, l’école aura pour objectif d’intégrer fiston au régulier. Classes régulières pour de l’art plastique, science et techno et probablement même français. On l’intégrera également dans une classe régulière du service de garde pour l’heure du dîner.

Fiston fait face à une seule grande difficulté. Les amis. Ma crainte de l’envoyer dans une classe spécialisée était justement le manque d’amis. Il aurait fait le tour assez rapidement des sept amis de sa classe. Fiston a besoin de diversité:  diversité neurologique et diversité d’amis. Et effectivement, après deux mois de fréquentations, fiston a besoin de changement.

Fiston est un fin observateur. Il a vu les schémas de chacun de ses amis de sa classe. Il sait ce qui amène des désorganisations chez ses comparses. Il comprend la dynamique du groupe avec un leader négatif qui entraîne les autres. Et il choisit de ne pas les suivre. Ça prend beaucoup de courage, dans une classe de seulement sept enfants, pour ne pas faire comme les autres.

L’inscription au secondaire

Fiston fait maintenant sa sixième année. Bien qu’il n’y ait pas de notes à son bulletin en cinquième année, l’équipe a choisi de lui faire passer sa sixième année directement en misant sur son haut potentiel. Le secondaire se dessine donc à l’horizon. Et c’est une très grande transition.

À partir du moment où un enfant est inscrit dans une classe spécialisée, le parent perd un peu de sa capacité à faire des choix pour son enfant. C’est comme ça dans notre commission scolaire. Cette dernière décidera, sur recommandation de l’école primaire en collaboration avec les parents, à quel endroit l’enfant pourra le mieux poursuivre sa scolarisation. Cette information, on ne me l’avait pas transmise avant le déplacement de fiston vers une classe COM-TSA. Je l’ai apprise récemment en voulant faire l’inscription de fiston au secondaire. Si j’avais su… Mais je n’ai pas encore dit mon dernier mot…. j’ai quand même inscrit fiston au secondaire et il est accepté au régulier. Pas dans une concentration, surtout robotique qu’il aurait adoré!, mais il est inscrit. On verra bien en février 2019. Je les attends de pieds fermes. Et je suis convaincue que l’école saura faire une bonne recommandation au comité de sélection.

En attendant, fiston crie à l’injustice! et il a raison. Un enfant aussi brillant que le mien ne peut aller dans la concentration qui l’intéresse, ou pour laquelle il serait un atout, et ce, à cause de  de sa différence neurologique, pas de son intelligence ni de ses notes. (Fiston parle de sa passion de la de robotique depuis sa troisième année…)

L’école pense à nos enfants différents? NON, pas du tout. L’école intègre nos enfants différents? NON, le système scolaire les dirige vers la voie de garage.

L’impact du langage conceptuel SACCADE

Je peux vous le dire, personne ne mettra fiston sur une voie de garage. Personne. Je travaille fort pour donner des atouts à fiston. Prof privée en adaptation scolaire à la maison et le langage conceptuel SACCADE.

Je suis vendue SACCADE. J’adore ce modèle. J’ai fait toutes les formations SACCADE. Je l’utilise à la maison. Fiston est suivi depuis plus de deux ans directement à la clinique.

Et vous savez quoi? Fiston l’utilise par lui-même, sans le dessiner ou l’écrire. Il est maintenant intégré dans son cerveau.

Je vois bien les progrès qu’il a réalisé au cours des années. Il est beaucoup moins statique (certains utilisent rigide). Sa pensée s’est mise en mouvement. Il est capable de faire des choix, d’analyser des situations et d’en tirer des conclusions, de voir les alternatives à ses actions, de communiquer ses émotions et de ressentir son corps. Ce qu’il reste à travailler? La communication ainsi que l’acceptation de la différence. Deux difficultés communes à tous les enfants. On progresse énormément.

Et ce que l’on me soulignait aujourd’hui au plan d’intervention, c’est la différence évidente entre fiston et les enfants qui n’utilisent pas le langage conceptuel. La différence est phénoménale. Des problèmes de comportement? fiston n’en a aucun. Des problèmes de transition? Non, réglé. Des non-sens? quelques-uns, surtout en raison des relations sociales mais vous, comprenez-vous toujours le pourquoi des actions de certains? Non? Moi non plus. Alors on est dans la norme.

Il n’y a peut-être pas encore de données scientifiques sur le modèle SACCADE ($$$) mais croyez-moi, il fonctionne! L’investissement en vaut la peine. Fiston est un bel exemple de réussite.

Et pour les personnes qui ne peuvent se payer ces services au privé, je vous invite à demander des subventions à des fondations ainsi qu’à des organismes régionaux en autisme. Beaucoup de fonds sont disponibles pour les formations et les suivis en clinique. Il suffit de faire la demande et d’inscrire son enfant sur la liste d’attente de SACCADE. Parce que oui, le mot se passe et cette clinique est de plus en plus en demande.

En passant, je ne reçois aucune compensation financière pour mes commentaires sur SACCADE. Aucune.

La suite

Bien que le mois de novembre soit là et qu’une certaine fatigue s’installe, fiston poursuit sa route. Cette route sera-t-elle une évolution constante? Pas nécessairement. L’autisme a la particularité de parfois faire des virages à 180 degrés. Mais l’espoir d’une belle année est encore bien présent. Avec l’appui d’une équipe-école compétente, tout est permis.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une place pour fiston

C’est le cœur un peu gros que je me suis présentée aujourd’hui, avec fiston, à la rencontre des intervenants de la nouvelle école. Nous étions déjà passés la semaine précédente pour  voir l’école de l’extérieur. Il nous restait à visiter les lieux et à rencontrer les intervenants et la prof.

Les premières impressions

Les gens sont charmants, le personnel est accueillant, l’atmosphère de l’école est agréable. Il y a de beaucoup de lumière naturelle.

Les locaux pour les classes COM-TSA sont situés à une extrémité de l’école, accompagnés de deux espaces pour un retour au calme.

On rencontre la technicienne en éducation spécialisée de la classe Mme D.  ainsi que sa prof, Mme N. Deux perles qui travaillent depuis plusieurs années ensemble. Les installations de la classe sont très apaisantes. C’est charmant. Il y a même des poissons.

Il y a Mme B. du service de garde et Mme la directrice. Oups, sans oublié la psychoéducatrice.

Mes premières impressions sont comme lors de ma première visite. Je ne pensais pas qu’un endroit pouvait être aussi chaleureux pour des autistes. Une philosophie d’inclusion très présente. Des possibilités, des ouvertures. Des coups de cœur. De la compassion.

Je suis contente que fiston ait ces gens sympathiques autour de lui qui connaissent les réalités de l’autisme. Quand on souligne une particularité, on est rapidement compris. Les solutions possibles abondent.

La réaction de fiston

Je pense que fiston était content, il s’est promené dans toute l’école. Il a posé des questions, remis certaines de mes observations sous leur vraie jour (!). Mais surtout, il me disait qu’il était content d’aller dans un endroit avec des autistes comme lui, et des gens qui comprennent l’autisme. Il pense qu’il sera mieux accepté dans ce milieu. Il a déjà renoué avec une amie de son ancienne école et connaît un des garçons de sa classe. C’est un bon départ.

Et le je crois. Non, je n’ai pas de lunettes roses. Elles ne sont pas teintées du tout! L’expérience de ces femmes parle pour elles. Beaucoup même.  Avoir eu cette directrice pour régler des problèmes depuis la deuxième année? Sans commentaire.

Est-ce que c’est la place pour fiston ? Non fiston aurait dû être inclus au régulier, mais l‘inclusion au régulier est un mirage qui se dissipe rapidement.

Est-ce que c’est une bonne place pour le développement et le cheminement de fiston? Certainement. Ces intervenants sauront bien accompagner fiston dans l’apprentissage de l’apprentissage. Ben oui, des fois il faut apprendre comment apprendre.

Sommes toutes, bien que mon enfant ne soit pas inclus en classe régulière, il est entre des mains qui sauront le guider, le faire progresser, et j’ose espérer aussi l’aimer.

 

Un vote pour l’inclusion

Ouf, ça fait un petit bout de temps que je n’ai pas donné de nouvelles de la scolarisation de fiston. J’ai dû prendre une décision difficile en juin. J’ai encore de la difficulté à l’accepter…

Pourtant, c’est la rentrée cette semaine. J’aurais dû avoir fait la paix avec tout ce qui s’est passé pendant l’année scolaire 2017-2018. Et ben non, ça ne passe pas. Et c’est le bon moment pour le dire!

Retour sur 2017-2018

Fiston a terminé son année scolaire à la maison. Il n’a toutefois aucune note à son bulletin puisqu’il est sorti de classe depuis novembre 2017. L’école, malgré toutes les interventions humaines, n’a pas réussi à le réintégrer.

Au plus fort de la crise en février 2018, fiston a été hospitalisé de jour avec scolarisation adaptée pendant 10 semaines. Bilan: on a fini par me dire que fiston n’avait pas de trouble du déficit de l’attention… Bien qu’il ait des problèmes d’attention, ceux-ci sont plutôt liés à son autisme. Le médecin expliquait qu’auparavant, on ne pouvait donné le diagnostique de trouble de déficit de l’attention à un autiste. Interdit par le DSM-4 mais maintenant accepté dans le DSM-5… Donc, exit la médication pour le TDA. C’est ce qui rendait apparemment fiston très anxieux.

Deuxièmement, on a failli apposer l’étiquette de trouble de l’opposition à fiston. Je me suis lancée dans un débat avec le médecin. Il n’était pas question que fiston soit étiqueté TOP. C’est simple, c’est l’anxiété qui fait que fiston utilise toutes sortes de stratégies pour fuir les efforts. Ça s’applique (peut-être) à un enfant neurotypique (je ne connais pas assez ce trouble…) mais pas à mon enfant autiste. Neni. Pas du tout. J’ai mis le médecin sur la piste du Pathological Demand Avoidance Syndrome in Children qui ressemble tout à fait à fiston et dont je vous ferai un topo dans un prochain article.

Autre difficulté de fiston, il me disait qu’il ne pouvait laisser monter trop les émotions dans sa classe. Quand la pression est trop haute à l’intérieur, il doit trouver un endroit calme sans bruit pour se ressourcer. Il n’y en avait aucun à l’école. Fiston avait un local, non fermé par le plafond, entre le gymnase et la cuisine. Vous imaginez le vacarme? Une fois je me suis présentée pour discuter avec la technicienne en éducation spécialisée de fiston pour présenter la nouvelle routine (voir Y a-t-il encore de l’espoir?). Le bruit était infernal. Les éducatrices du service de garde qui terminaient leur service allaient faire leur vaisselle dans la cuisinette. Les éclats de rire et les conversations qu’elles avaient! Oh-là-là! et fiston était pris dans cet espace à longueur de journée! Ouf!!!! Fiston me disait ne faire donc aucun effort académique pour ne pas avoir à se calmer étant donné qu’il n’a pas de place sans bruit. Ça me brise le cœur!

Fiston à l’école vs fiston à la maison

Après son hospitalisation, fiston a terminé son année scolaire à la maison, avec une prof privée qui devait venir six heures par semaine pendant deux semaines. Elle a finalement fait 12 heures en une semaine. On avait dit à la prof de se préparer au pire, que fiston pouvait se montrer très désagréable, renfermé, faisant du mutisme. Elle n’a vu qu’un enfant qui avait soif d’apprendre, disposé à le faire selon son rythme. En effet, nous avons instauré la routine du 45-15 : 45 minutes d’apprentissage et 15 minutes de pause à son choix, quatre périodes par jour. Il a réussi à faire la moitié du cursus scolaire en mathématiques et français en deux semaines. Une semaine avec moi et une avec elle. Un exploit incroyable pour un enfant qu’on disait désagréable.

Un choix déchirant

Pendant le mois de juin 2018, j’ai dû discuté de l’avenir scolaire de fiston. Ma volonté était qu’il réintègre son école de quartier, au régulier, mais en adaptant un local pour lui. Après tout, ce n’est pas le seul enfant fréquentant cette école qui a besoin de se calmer? Tous les enfants ont besoin parfois de faire un tour au coin calme. Alors pourquoi ne pas investir un petit 10 000 $ pour fermer le plafond du local et l’insonoriser? La TES à temps plein a coûté beaucoup plus cher en une année, non????

Ben non, les excuses habituelles quoi! On manque de place, on n’a pas les moyens, il faut mettre la ventilation. Il faut-ci, il faut-ça. Pas moyen de moyenner avec ces gens. Un seul mot pour les définir : rigidité!

On m’a donc proposé de transférer fiston dans une autre école.

Premièrement, il n’y avait de possibilité de le transférer dans une classe régulière de type sensoriel, i.e. avec intégration d’enfants autistes dans la classe régulière mais avec tous les services adaptés aux autistes. Niet. Pas de place.

Deuxièmement, on me proposait une classe COM-TSA dans une certaine école. Jamais de la vie! Vous savez quand vous entrer dans un milieu et vous sentez toute l’atmosphère négative d’un endroit triste et qui en arrache? Non catégorique de ma part.

On a fini par me proposer une classe COM-TSA dans une petite école de quartier. Je suis allée la visité pleine d’appréhension. Le personnel est agréable, l’endroit est convivial, la classe est adaptée, seulement sept enfants autistes. La direction semble compétente. Mais surtout, il y a des ouvertures pour fiston. Possibilité d’intégrer une classe régulière pour une certaine matière, entre autre. Pas de ségrégation si l’enfant est capable. Bon ça part bien. J’ai finalement accepté le transfert vers cette école.

C’était une des décisions les plus difficiles de ma vie. Sortir fiston d’un milieu régulier, malgré son haut potentiel et son haut niveau de fonctionnement. J’ai pris cette décision seule, isolée, accompagnée seulement des intervenants du public qui me soulignaient comment c’était sa structure TSA qui le limitait.

La structure TSA est limitante si on ne choisit pas les bons outils pour aider nos enfants. POINT FINAL. À partir du moment où l’on investit à la bonne place, la structure TSA est moins limitante et on peut accéder au potentiel de l’enfant.

Un local calme et apaisant est essentiel pour un enfant TSA dans une école régulière. En plus, on souligne l’inclusion le plus possible au Québec. Ben laissez-moi vous dire qu’on a prit la solution facile pour fiston. Je crois encore et toujours que dans un milieu où il y aurait eu un endroit sécuritaire pour un retour au calme, fiston aurait pu fonctionner dans une école régulière. Je ne comprends pas encore comment on peut être aussi inhumain…

Ce que nous réserve l’avenir

Fiston commence sa scolarisation dans la nouvelle école ce jeudi. Il a bien réagit à la nouvelle de son changement d’école. Il est triste de quitter ses amis, de ne pas savoir en quel niveau scolaire il sera… de ne pas être un chiffre pair dans la classe (7 enfants!!!!!).

J’espère que ce changement sera bénéfique pour nous tous parce que, sincèrement, le niveau d’énergie est faible pour ma part. Je suis épuisée de toutes ces batailles, de toutes ces décisions difficiles, de ces combats menés seule.

Mais je ne suis pas seule à vivre cette situation. Beaucoup de parents font face à des commissions scolaires rigides. Nos enfants sont statiques, mais nos institutions sont rigides. Il y a une grosse différence. Nos enfants restent humain malgré tout, nos institutions ne le sont pas toujours. Des exemples?

Il y a cette famille qui déménage au Nouveau-Brunswick pour l’inclusion en classe régulière.

Il y a une autre famille qui fait une levée de fonds pour adapter un local dans une école publique.

Il y a cette autre famille monoparentale qui fait une levée de fonds pour financer la scolarisation à la maison, non par choix mais par obligation.

Non mais, on pourrait pas espérer un meilleur accueil pour nos enfants que celui qu’on leur fait en ce moment? C’est le temps de changer des choses! Lançons un nouveau slogan pour nos partis en campagne :

Un vote pour l’inclusion!

#unvotepourlinclusion

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bonjour la police!

Ah ha! Méchant titre non? Ben c’est un peu à l’image de notre journée!

Après une nuit correcte, malgré l’incident d’hier (la proie), fiston est retourné à l’école ce matin. Un peu d’évitement le matin, parti de la maison juste à temps, il m’a souhaité bonne journée comme d’habitude rendu à la traverse. Il s’est même retourné pour s’assurer que je lui faisais un petit signe. Pauvre ti-lou. On aurait dit que je l’envoyais à l’abattoir.

J’ai reçu le premier appel vers 13h45. J’était en réunion avec toute l’équipe. L’éducatrice, après plusieurs avertissements, lui a enlevé des mains des baguettes qu’il manipulait. Une geste juste et justifié à mon sens.  Il pouvait prendre un jouet sensoriel, à son choix, mais a refuser de le faire. Avec du recul, il aurait probablement explosé qu’importe la situation.

S’en est suivie une charge en règle contre l’éducatrice. Il lui a foncé dessus et a frappé. Elle a dû faire un maintien partiel pour l’empêcher de la frapper davantage. Devant le directeur adjoint. Je n’ai aucun doute que le geste de maintien était justifié. Tout comme le retrait du jouet de fortune sur lequel il avait jeté son dévolu, au lieu de se mettre à la tâche d’apprentissage.

Après sa charge, il a fugué. Il est allé à l’extérieur de l’école, en prenant soin de s’habiller. Au moins… On lui a donné l’espace nécessaire et le temps de se calmer, sans trop intervenir. On lui a donné plusieurs avertissements de ne pas dépasser les limites de la cour d’école et on lui a présenté la conséquence: la police serait appelée au cas où il dépasserait, et ce, pour sa sécurité. Il est sorti de la cour. Pendant que le directeur adjoint me parlait…. Il m’a demandé l’autorisation d’appeler le service de police. J’ai dit oui. Que fiston devait savoir où est la limite et que sinon, il l’apprendrait.

Après plusieurs avertissements de revenir vers la sécurité de la cour d’école, fiston a refusé d’obtempérer. L’école a appelé le 911 en prenant soin de dire que l’enfant était autiste et qu’il ne fallait surtout pas le toucher. OUF!

Les policiers sont apparemment intervenus de façon exemplaire avec fiston. Ils ne l’ont pas touché quand ils l’ont trouvé caché près des poubelles, et l’ont ramené gentiment à l’intérieur du bâtiment. Fiston a suivi docilement.

Re-ouf!

Deuxième appel de la direction adjointe vers 14h15 pour me dire que tout était terminé et que je devais aller chercher fiston. Pour son bien. Ce que j’ai fait rapidement.

Arrivée à l’école, petite discussion avec l’éducatrice et le directeur adjoint. On est dans une impasse. Je me suis excusée d’avoir oublié de les avertir de l’incident de la veille. Mais fiston en avait parlé un peu…

Fiston n’est plus fonctionnel à l’école. C’est simple. Il l’a en horreur dès qu’il y met les pieds. Aucune idée de ce qui le rend si méfiant envers l’école. Il déteste apprendre à l’école mais aime apprendre seul (ce qu’il m’a dit ce soir).

Mais quoi faire quand on est une mère monoparentale? Laisser mon travail pour  le scolariser à la maison? Impossible. Je suis le seul soutien financier. J’ai beau avoir un patron conciliant, je ne peux me permettre d’avoir fiston avec moi à temps plein (lire mon équilibre mental en sera complètement chamboulé!).

Demain, je regarde des possibilités avec la travailleuse sociale du CRDI. Aucune idée de ce que cela pourrait être. Et la rencontre du plan d’intervention scolaire a été devancée d’urgence au 24 janvier. Tous les intervenants seront autour de la table pour trouver des solutions. Tous des spécialistes dans leur domaine. Si on ne trouve pas cette fois-là, malgré tous les niveaux de compétence et d’expérience qui seront présents, rien n’y fera. C’est un constat déchirant. Date butoir: 26 février, date de la prochaine rencontre du plan d’intervention. On a un mois à compter de mercredi prochain pour arriver à une certaine progression…

C’est terriblement frustrant pour une mère. On se sent dépassée, oui, mais aussi terriblement incompétente. Comment en est-on arrivé là? Et surtout malgré tous les efforts investis? Mais apparemment je me dois de lâcher-prise sur les résultats; ce qui compte c’est que j’y ai mis les efforts. Mais ça ne me réconforte pas.

En fait, cette impasse semblerait  un passage obligé pour tous les Aspies. La conscience des Aspies de leurs différences se manifeste un jour où l’autre. Pour tous les Aspies sans exception. Il  semblerait que certains frappent le mur plus tard, d’autres très tard. Fiston ne fait pas exception mais est assez jeune pour le frapper. Son intellect le trahi. Il constate et observe beaucoup de différences, par rapport à lui et aux autres, et s’en trouve à être incapable de comprendre ses observations en raison d’un émotif peu développé. L’écart entre son intellect et son émotif est trop grand. Il est dans la recherche du soi, de l’acceptation de qui il est.

Ça explique en gros les trois derniers mois.

***

Mais comment expliquer la crise d’aujourd’hui?

L’éducatrice me disait qu’il a exprimé le fait qu’il devait se défendre. Mais de quoi a-t-il si peur????

Ce soir, il a fait une crise terrible parce que je lui demandais de prendre sa douche.  La crise de larmes incroyable! Pour une simple douche? Habituellement, fiston procrastine, évite, joue, et refuse de prendre sa douche. Mais là, une véritable crise de larmes provenant du plus profond de son être. Et il a fini par me dire ce qui le tracassait. Il a peur quand il ne peut voir ce qui s’en vient vers lui…

La fin de semaine du 13 janvier, fiston est allé au répit d’Autisme Québec. Camp qu’il fréquente depuis un an maintenant. Mais les animateurs ou les campeurs, je ne sais pas lesquels, on choisit un film qui n’était pas approprié pour fiston.

Devinez de quoi fiston a peur? Des fucking zombies!!!!

Probablement qu’en période d’anxiété moins intense, il pourrait passer par-dessus cette peur plus facilement. Mais avec l’anxiété dans le piton, les zombies s’en nourrissent.

Je ne sais pas comment je vais défaire cette peur. Entéka, la solution à court terme est que fiston prendra un bain au lieu d’une douche. Mais chose certaine, demain je vais appeler au service de répit d’Autisme Québec et leur dire ce qui se passe. Surtout que fiston retourne dans moins d’un mois et il faut absolument trouver une solution.

***

Les zombies n’expliquent pas tout ce que fiston vit. Ce sont des changements beaucoup plus profonds.

Mais quand on ajoute un petit grain de sable à une situation déjà tendue, ça explose.

 

 

 

 

 

 

 

 

Les dernières nouvelles – diagnostic

C’était le suivi chez le médecin cette semaine. Je l’ai devancé de deux mois parce que les intervenants du CLSC me disaient que la médication de fiston n’était peut-être pas optimale. Le dossier de fiston est passé au guichet santé mentale jeunesse. Par deux fois. On nous a demandé de compléter de nouveaux formulaires. L’évaluation de son comportement, après trois mois de médication, fait état d’un déficit d’attention. Mais les comportements difficiles persistent. D’où la possibilité d’augmenter la dose.

Je n’étais pas certaine de mon côté mais bon, on est allé faire le suivi. Avant le départ pour le camp de vacances, avant le retour à l’école. Le timing était parfait.

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L’évaluation intellectuelle

Les choses bougent, tranquillement. Il y a deux semaines, l’école m’a demandé l’autorisation de faire une évaluation cognitive (intellectuelle) de fiston, évaluation demandée par le CLSC. J’ai accepté évidemment. Avec cette dernière évaluation, le cas de fiston sera présenté au Guichet santé mentale jeunesse la semaine du 8 juin 2015. Lire la suite

Un petit nouveau : le porc-épic

Ça fait toujours drôle de commencer une rencontre avec un médecin qui vous pose la question: «c’est bien une néonatalogiste qui vous réfère? Comment ça? Parce que c’est ma très grande amie de plus de 32 ans?!». Quand on a besoin de voir un médecin spécialisé dans le TDA/TSA, toutes les portes sont bonnes pour entrer dans le système!

Alors, la première observation du médecin aujourd’hui était à l’effet qu’il y avait beaucoup de choses dans le rapport du psy. Beaucoup de questions. Mais il voyait quelques pistes de solutions.

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