Un travail titanesque de reconstruction

L’autisme est déjà assez difficile comme ça sans que l’on en rajoute.

Ce matin, j’écoutais Brigitte Harrisson en entrevue à Salut Bonjour! dire comment l’autisme est une condition difficile à la base. Je ne peux qu’être d’accord.

Fiston ne vas pas très bien en ce moment, il a vécu un événement douloureux dans les dernières semaines et beaucoup de choses non résolues remontent à la surface. Ce n’est pas le propre de l’autisme mais plutôt une condition humaine. Mais quand on ajoute à cela l’autisme, ça prend des proportions importantes. Tellement que fiston ne semble plus fonctionnel et a souvent des pensées suicidaires. À prendre très au sérieux.

Fiston a mal à son cœur. Il est en mal d’amour. J’ai fait l’inventaire avec fiston des personnes significatives pour lui. Il y a moi, ses grands-parents, ses amis et le personnel scolaire (une victoire cette année!), mes amis et son père.

En dessinant un beau cœur, fiston me montre comment tout se beau monde contribue à son bonheur, à l’exception d’une partie de ce cœur qui n’est pas remplie: la partie de son père.

Petit retour sur l’histoire

Le père de fiston est déménagé loin d’ici il y a de cela 8 ans. Fiston avait trois ans et 11 mois à l’époque. Au début, il a vu son père presque à tous les mois, ensuite au deux mois, et après une fois par année pendant l’été…. On peut dire que Monsieur est un père absent. Peu d’appels téléphoniques, peu de contacts. Monsieur disait que fiston devait l’appeler quand il en ressentait le besoin…

La responsabilité parentale

C’est difficile la responsabilité parentale, un concept qui est élastique selon le besoin.

Pas besoin, tu es là toi.

Il ne l’exprime pas, il n’en a donc pas besoin.

Je ne peux palier à tous ses besoins.

À cet âge là, les enfants ont surtout besoin de leur mère.

Ben voyons, le besoin affectif du père est surévalué!

En avez-vous d’autres???

C’est au parent à veiller à ce que le lien parental soit maintenu. Personne d’autre ne peut le faire, ni l’enfant ni l’autre parent.

Mais c’est tellement facile de se détourner du besoin de l’enfant quand un parent est incapable de répondre à ses propres besoins. Et des exemples, il y en a des tonnes dans notre société, que ce soit des mamans ou des papas qui tournent le dos à leurs enfants.

Je ne ferai pas ici le procès de ces parents, mais je veux que vous sachiez une chose.

Qu’importe les raisons qui font que vous détourniez votre attention d’un enfant, qu’importe la justification, qu’importe votre bien-être ou vos malaises, l’abandon a des conséquences atroces sur le cœur d’un enfant.

Sa confiance en lui, son estime de soi, son incapacité à se sentir aimé seront ses compagnons pour l’ensemble de sa vie. Pour l’ensemble de sa vie. Et elle peut être longue cette vie quand on a que trois ans.

Toutes ces souffrances viendront teinter ses relations affectives avec d’autres personnes significatives: famille, conjoint, enfant, amis. C’est un travail titanesque de reconstruction.

Cette reconstruction est possible. Mais ça prend du temps, de l’énergie et de l’argent. On ne peut le faire seul; il faut être accompagné d’un psychologue ou autre spécialiste.

Heureusement, fiston a une maman incroyable qui ne laisse jamais tomber. C’est le propre d’une maman qui sait très bien ce que son enfant vit.

Je sais qu’un soutien psychologique fera le plus grand bien. Mais j’ai quand même une question hyper-importante.

Comment L’autisme et une blessure d’abandon vont influencer le développement de mon enfant?

À suivre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je plains les gens qui refusent de voir les intimidateurs dans leurs rangs

Il est 3h du matin, je suis incapable de me rendormir.

Fiston m’a réveillée il y a de cela une heure; il faisait un cauchemar et il hurlait. Le genre de cri où je suis déjà debout à côté de mon lit mais que je ne suis pas tout à fait réveillée. Vous voyez le genre?

Je l’ai réveillé et lui ai demandé son rêve.

Quelqu’un court après moi et veut me tuer!

Je hais les ‘bullies’. Je hais les gens qui les protègent.

12 mars

Lors d’une réunion scoute le 12 mars 2019, fiston a été victime d’une agression sauvage de la part d’un autre enfant. Encore une fois. C’est arrivé au moins deux fois par année depuis qu’il est aux scouts, soit 4 ans. Toujours par le même garçon. D’autres enfants ont subi le même sort.

J’ai toujours pensé que le protocole scout s’appliquait.  Mais il semblerait que ce soit à la discrétion des animateurs parce qu’il n’y a aucun document qui prouve que fiston ait été agressé deux fois cette année. Et pourtant.

En cas de problème disciplinaire avec un enfant, voici la procédure que nous utiliserons :

1e fois : Rencontre avec les parents et avertissement ;

2e fois : Une rencontre de punition (l’enfant ne pourra assister à 1 rencontre) ;

3e fois : Trois rencontres de punition (l’enfant ne pourra assister à 3 rencontres) ;

4e fois : Expulsion. Si l’expulsion a lieu avant le camp d’automne, il y aura remboursement de 35$ sur l’inscription. Après le camp d’automne, aucun remboursement.

Extrait de la lettre de la Cheffe de meute du 22 mars 2019

Donc, le Bully est libre d’y être encore, et ce, même s’il s’en ait pris à au moins deux personnes l’an passé et à fiston cette année.

[Les deux enfants] ne se sont jamais bien attendu. C’est pourquoi on essaie de ne pas les mettre ensemble. Cette année, c’est beaucoup moins pire que l’an passé. Cette année, il s’agit donc du premier incident.

Extrait de la lettre de la Cheffe de meute du 22 mars 2019

Ah que je l’aime cette phrase-là.

Faux madame la Cheffe, c’est le deuxième si on compte ce qui s’est passé à la rencontre de départ de septembre et où un parent a été témoin du comportement agressif du jeune en question contre mon fils. Ah mais oui, suis-je bête, si ce n’est pas vu pas un animateur, ça ne compte pas?

Autopsie de l’événement

Les jeunes jouaient à un jeu de drapeau. Sauf que le drapeau était une pelle. Bully a accusé fiston d’avoir triché (ben oui, un autiste ça triche et ça ne respecte pas les règles apparemment :-0). Fiston a dit qu’il n’avait pas triché (un de ses caractéristiques très fortes) et l’autre a essayé de lui voler le drapeau-pelle. Fiston a résisté.

[Fiston] a résisté et donné un petit coup de pelle à [Bully]. [Bully] a ensuite réagi en sautant sur [fiston]. Les animateurs ne pensent pas que le but du [Bully] était d’étrangler [fiston].

Nous sommes d’accord la violence est inacceptable, mais les deux jeunes ont mal réagi à la situation.

extrait de la lettre de la Cheffe scoute du 22 mars 2019

Est-ce que mon fils a manqué d’air pendant que l’autre essayé de l’étrangler? Oui. Alors c’est bien ce que l’autre cherchait à faire.

Est-ce que mon fils a donné des coups de poings à son agresseur? Non

Est-ce que mon fils a essayé d’étrangler son agresseur ? Non.

Est-ce que mon fils s’est défendu d’une quelconque manière pendant cette attaque? NON.

Fiston n’a pas réagit. Et vous me dites que les deux sont coupables de la même façon dans cet incident? NON, NON, et NON. Un a été violent, l’autre a résisté à l’assaut sans donner de coups parce que sa mère lui avait dit qu’on ne frappe pas les autres.

De votre propre aveux, les relations sont difficiles entre les deux.

Imaginez donc ma surprise quand l’animateur m’a informée qu’aucun enfant n’aurait pu enlever Bully de mon fils tellement son emprise sur lui était forte. Si ça ce n’est pas un problème extrême, qu’est-ce d’autre?

Ma lettre 

Je vous ai pourtant soulevé dans ma lettre qu’il y avait deux niveaux à cet incident. Le premier où deux enfants ne s’entendent pas et où les deux enfants peuvent être tenus responsables.

Et le deuxième niveau, soit le recours aux poings et au maintien sur un autre enfant quand un est en train de perdre l’argument. Votre lettre démontre clairement que vous ne prenez qu’un seul niveau. Un melting pot où vous refuser de voir l’intimidateur à l’oeuvre.

Oui madame la Cheffe de meute, vous avez un intimidateur dans vos rangs. Il prend le parti de la violence quand il est incapable de faire valoir son point autrement. Et ce plus d’une fois, vous le dites vous même dans votre lettre.

Pourquoi ne pas contacter l’enfant???

Mon autre question est celle-ci: pourquoi ne pas avoir pris la peine de poser des questions à fiston dans votre enquête, ni à moi sa mère?

Avez-vous pris des nouvelles de son état de santé? De sa santé mentale? Non, rien. Belle philosophie scoute! Si vous l’aviez fait, peut-être auriez-vous un regard différent sur la situation.

Laissez-moi vous dire que les choses sont bien difficiles depuis cet incident. Mon enfant souffre. Énormément. Tellement, qu’il fait plusieurs cauchemars à toutes les nuits. Tellement qu’il voulait mourir cette semaine. Il a même posé des gestes avec un couteau.

Est-ce là le comportement d’un enfant qui a été partie prenante, à part égale, dans une altercation. Non, c’est le comportement d’un enfant qui a été BATTU! Un enfant qui ne veut plus retourner parce qu’il a peur à ses rencontres scoutesqu’il adore pourtant,  est-il un enfant victimisé? OUI!

Le diagnostic de fiston

Plus d’une fois j’ai discuté avec l’animateur que l’on pourrait informé le groupe sur c’est quoi l’autisme et parler de fiston. Je lui en ai même reparlé le 12 mars qu’on pourrait informer Bully et sa famille. Sa réponse? Ce ne sont pas des gens qui comprendraient….

La suite – oui il y en aura une

Ce n’est pas fini madame la Cheffe scoute! Votre organisation a clairement démontré de graves lacunes dans la gestion de l’incident, dans la gestion de la plainte et dans le manque flagrant d’empathie et de bienveillance de la part de votre organisation. Où sont vos valeurs scoutes????? Sans parler d’un problème éthique de gestion…. Si on divulguait la condition d’aux moins deux enfants qui ont été les victimes de ce Bully, comment le public réagirait-il????

Qu’importe les prochaines étapes Madame la Cheffe de meute, je suis contente d’être lucide. Que Bully utilise autant ses poings est un signe d’une grande détresse et cela le mènera où vous pensez?

En passant, la pensée magique n’est pas une valeur scoute.

 

P.S. Ah oui, pour le bien de mes lecteurs, ces animateurs sont ceux qui ont dit que quatre enfants avaient subi des commotions cérébrales légères à en vomir lors du camp d’hiver mais qu’ils ne les avaient pas amené à l’hôpital (!). Au final, une fois les enfants rendus à la maison, les parents se sont rendus compte que c’était une épidémie de gastro. Bravo!