Les effets du #metime

Depuis plus de six semaines que je suis en arrêt de travail. L’état de fiston, ses besoins, ses crises, etc.,  combinés à mes responsabilités professionnelles étaient rendus trop lourds à gérer. Il fallait que je laisse tomber quelque chose. Et bien que je ne voulais pas du tout laisser tomber mon travail, je n’ai pas eu le choix. Travail vs fiston, c’est fiston qui l’emporte.

Il n’y avait plus d’espace, intérieur et extérieur, pour que je me sente bien.

Six semaines à me chercher dans la maison, à essayer de dormir pour reprendre un peu du sommeil perdu, à écouter la télé, à prendre des marches; en fait, six semaines à tourner en rond.

Pour aller mieux, et ne plus retomber, je devais trouver de l’espace. De l’espace extérieur j’en ai trouvé. Mes marches quotidiennes m’ont aidée à être un peu plus en contact avec l’extérieur. J’ai souvent rencontré un monsieur à la retraite qui faisait le même trajet que moi. On a placoté de tout et de rien. Surtout de rien, et ça m’a fait du bien.

Les premières semaines ont aussi été intenses avec fiston. Il n’allait pas bien du tout à l’école et passait beaucoup (trop) de temps à la maison. Ensuite, les choses se sont mises en place et il a été hospitalisé le jour pour poursuivre son évaluation diagnostic. Les premières semaines à l’hôpital ont été difficiles. Il n’y avait plus d’espace dans lequel je me sentais bien. Les crises de fiston prenaient beaucoup de place. Les appels de l’hôpital, les rendez-vous avec le médecin, les rencontres d’historique avec la travailleuse sociale. Tout ça était très exigeant à vivre.

Alors, je restait sur mon divan, brûlée. Je ne dormais que quelques heures la nuit. Et que quelques minutes le jour. Toujours à essayer de dormir mais sans jamais réussir à atteindre le sommeil. Toujours à essayer de me reposer, mais sans réussir à apaiser mon esprit.

Par chance, une fin de semaine de répit était prévue. En en même temps, un week-end de mamans, le #MeTime m’était proposé par Facebook. Je l’ai regardé souvent passé dans mon fil d’actualités. Intéressée mais pas complètement décidée. C’était loin, c’était des sous, c’était des inconnues, c’était plein d’excuses.

J’ai quand même pris la décision d’y aller.

J’en avais déjà parlé à ma travailleuse sociale. Il fallait que je trouve de l’espace à l’intérieur de moi pour mieux aller. J’avais beau avoir du répit, une gardienne régulièrement, tout ce que je faisais pendant ces moments-là était les courses, du ramassage, de l’esclavage. Pas de moments de douceur pour moi.

Cette fin de semaine a été très révélatrice pour moi. Cet espace intérieur que je cherchais si désespérément m’a été offert. Yoga, respiration, dessin, spa, et des femmes avec un bagage incroyable.

Le vide en moi

Donner de l’amour à son enfant, c’est facile me direz-vous. Mais donner de l’amour quand tu sens que toi-même tu n’en as pas, c’est épuisant. Tu te vides littéralement. Il faut qu’il y ait une source quelque part pour t’aider. J’en étais rendue là avec fiston. De l’amour pour lui et pour moi, il n’y en avait pas beaucoup. Je me sentais seule, je me sentais vide, je ne me sentais pas aimée du tout.  Onze ans d’isolement et de monoparentalité, ça comporte un prix.

Je le sentais terriblement en moi ce manque d’amour. Des câlins par-ci par là ne peuvent combler ce vide immense.  J’étais littéralement en manque d’amour.

Aller plus loin

Prendre soin d’un enfant à besoins différents me ramène beaucoup dans mes manques, dans mes déficits, dans mes espoirs déçus. Ce qui fait que je suis un bon parent pour cet enfant, c’est que je me remet en question, que j’identifie mes forces, mes déficits et mes manques.  Et que malgré tous ces manques et déficits, je continue.

J’ai pris une chance d’aller à cette fin de semaine. La route, les inconnues, les sous. Tout ça aurait pu mal tourner.

Mais les effets bénéfiques ont été plus grands qu’escomptés.

J’ai découvert des mamans qui me ressemblaient. Des mamans pleines d’amour de la vie et des autres. J’ai moi-même trouvé que je pouvais donner de l’amour à ces femmes exceptionnelles. La grande surprise.

J’ai laissé partir quelques bagages émotionnels. J’ai laissé aussi tomber quelques doutes.

Mais j’ai aussi trouvé de l’amour pour moi.  Ce mot qui flottait comme un manque dans mon environnement depuis quelques mois est maintenant une bouée sur laquelle je m’appuie.

Je dors mieux, je suis plus active. Je suis moins dans l’attente, plus dans l’action.

Plus dans l’amour.

Mon café a meilleur goût le matin. Merci #MeTime.

PS: Je suis même en train de remplir la demande de chien Mira pour fiston. J’ai été convaincue en fin de semaine par des âmes bienveillantes.

 

 

 

 

Hommage aux femmes d’exception

Tu sais que la vie te fait un merveilleux cadeau lorsqu’elle place sur ta route 33 femmes magnifiques…

#METIME

Je participais cette fin de semaine à une activité organisée pour des mamans dans le but de se donner un peu de temps de qualité, un temps d’arrêt et de repos dans nos vies parfois chaotiques de mère.

J’appréhendais un peu l’expérience, de un parce que je ne connaissais presque personne et de deux par ce que je n’avais pas eu vraiment de temps à moi seule à l’extérieur de la maison depuis longtemps. Mais cette fois-ci, j’ai fait de moi la priorité.

J’y ai donc rencontré une trentaine de participantes chaleureuses, deux organisatrices complices et une prof de yoga hors-du commun.

Le genre de week-end qui fait du bien à l’âme.

L’organisation

Deux mamans à l’organisation et à l’animation. Je qualifierais l’une de boule d’énergie et l’autre de zen. Deux styles différents mais combien complémentaires, généreuses et authentiques. Mesdames, vous avez su nous proposer des activités et beaucoup de temps libre qui répondaient aux besoins de chacune d’entre nous. Bonne bouffe (et surtout le service sans faire de vaisselle!), spa et sauna, mandalas et dessin, feu de camp et chansons.

Et que dire de notre prof de yoga? Je peine à trouver les mots tellement son message m’a touchée. Je ne pensais pas qu’une séance de respiration pouvait avoir autant d’effet sur moi. Les émotions qui remontaient étaient vives, fortes mais non violentes. Les mots douceur envers soi resteront longtemps (je l’espère) dans ma pratique du #METIME quotidien.

J’allais oublié notre discrète photographe… j’ai bien hâte de revivre ce week-end par l’entremise de son talent.

Les participantes

Un week-end rempli de belles histoires: histoires de mamans en solo, de mamans en couple, des mamans en deuil, de mamans en processus de séparation, de mamans d’adoption et des histoires d’enfants à besoins particuliers (autisme, TDAH, dysphasie, dyspraxie, épilepsie, syndrome rare ou encore en attente de diagnostic, etc.)

33 histoires personnelles.

33 femmes d’exception.

Comment on se sent en présence de ces magnifiques femmes?

Acceptée, sans jugement.

Appréciée, sans condition.

Aimée, sans restriction.

Si je peux vous décrire en quelques mots seulement l’ambiance de cette fin de semaine : amour, compassion, empathie.

Trois superbes sentiments qu’il faut partager plus souvent.

Un week-end d’émotions. Un week-end de partage. Un week-end de respect.

Les surprises qu’on n’oubliera pas de sitôt

L’envolée des lanternes chinoises avec Splenda.

Les émotions et les câlins spontanés.

Les confidences.

Une tonne de cadeaux. Et encore plus, des cadeaux à tous les jours!

Les nouvelles amitiés.

Une communauté.

La suite

Ce week-end se voulait le début d’une prise en charge quotidienne de mon bien-être de maman. C’est tellement facile dans la tourmente de ma vie de mère monoparentale de m’oublier. C’est de ma responsabilité de prendre soin de moi. Il n’y a personne d’autre pour le faire.

Et apparemment que les astres sont alignés pour faire ce changement. Une nouvelle lune et le jour de l’illumination de Bouddha.

Bien que fiston ait passé la fin de semaine au camp de répit habituel, il ne l’a pas trouvé facile! Il m’a demandé de ne pas repartir… ce que j’ai refusé bien évidemment. Il a proposé que d’autres personnes le reconduisent au répit, même si je reste à la maison. Belle solution fiston.

Un cadeau inattendu

Quand la maman qui va chercher fiston au camp de répit te dit que les vêtements de fiston ont été lavés, tu sais que tu as aussi dans ta vie quotidienne des femmes d’exception.

 

Je rends hommage aux femmes d’exception qui croisent mon chemin.

 

 

 

 

Prise de contrôle vs perte de contrôle: Foutu débat

Je n’ai pas écrit depuis quelques semaines, et ça me manque. Mais voilà, notre quotidien est difficile en ce moment et je n’ai plus beaucoup d’énergie pour grand chose. Je sens le tourbillon des émotions m’envahir, celui qui me dit que je ne suis pas bonne, que je manque de courage. Celui qui me chuchote à l’oreille de laisser tomber et de sauver ce qui reste de ma peau…

L’hôpital

Fiston est retourné à l’hôpital de jour pour précision de diagnostic. Comme il refuse d’apprendre et de faire des efforts à l’école, comme son bulletin de deuxième étape ne contenait aucune note, comme ses comportements d’évitement et d’opposition se manifestaient partout, j’ai dû prendre la décision, quand l’occasion s’est présentée, de le retourner sous observation.

Pour la deuxième fois mon enfant passe par l’hôpital. Je suis cette mère qui n’a pas réussi, malgré un diagnostic donné il y a près de deux ans, à amener fiston à utiliser tous les outils mis à sa disposition: langage conceptuel SACCADE, respiration, méditation, ergothérapie, physiothérapie, huiles essentielles, massage thérapeutique, activités sensorielles. Tout ce que j’ai pu offrir ou faire ne fonctionne pas. Tant que fiston reste bloqué et ne comprend pas à quoi sert tout ça, j’ai échoué. Je me suis présentée avec fiston à l’hôpital avec la queue entre les jambes (du moins si j’en avais eu une! c’est quoi l’expression pour les filles???).

Fiston a été en réaction dès le début. J’ai dû lui expliquer que je commençais à manquer de ressources et que je n’avais plus le choix d’essayer quelque chose de plus drastique. Que la prochaine étape pouvait être encore pire que celle-ci, une hospitalisation à temps plein… Ça n’a pas fait son affaire, la possibilité d’être séparé de moi. Ouf.

Quelques fois par semaines, il participe et fait des apprentissages à l’hôpital. D’autres fois c’est plus compliqué. Toujours en lien avec les demandes. Ces foutues demandes. Fiston les déteste. Fais tes maths, fais ton français, mange, joue, participe à l’activité XYZ. Fiston rêve d’être libre, de faire ce qu’il veut quand il veut et comme il veut. Difficile à réaliser pour un enfant de 11 ans….

Et là, après près de trois semaines à l’hôpital, il est en réaction totale. Je ne sais pas si les intervenants comprennent bien l’autisme. J’ai comme l’impression qu’ils sont ben bons à les diagnostiquer nos petits cocos. Mais comprennent-ils leur fonctionnement pour les amener plus loin? Parce que là je n’ai pas besoin qu’on me dise ce qu’il a, on le sait. J’ai besoin qu’on me donne une porte d’entrée. Sont-ils capables de la trouver cette foutue porte? Je la cherche depuis novembre 2017. L’École la cherche.

Anxiété

Fiston est tellement anxieux qu’il a recommencé à dormir avec certains de mes vêtements, particulièrement les foulards que je porte à mon cou remplis d’odeurs d’huiles essentielles. La dernière fois qu’il a fait ça? Il avait quatre ans, et papa venait de partir pour Toronto…ça duré six mois. Six mois où la garderie qu’il fréquentait acceptait de le prendre tous les jours vêtu de mes t-shirts pyjamas. Il a aussi commencé à se sucer les bras jusqu’au sang…. Il fait des cauchemars à répétition et vient se rassurer dans mon lit. C’est mon sommeil qui en est le plus affecté.

L’Anxiété amène la perte de contrôle

Quand un autiste cherche à tout contrôler, c’est qu’il est en perte de contrôle, son anxiété est à un niveau maximal. Il ne comprend pas, ne reconnait rien et ne se fait pas comprendre par les adultes. Il n’est pas en prise de contrôle malgré ce que le comportement peut démontrer. Comprendre et accompagner l’autiste, c’est justement laisser le comportement de côté et aller au-delà de ce qui est apparent, dans sa structure autistique. Comment a-t-il enregistré la demande? Qu’en comprend-t-il? Il en comprend le sens? oui, on passe à la règle. Il comprend la règle, alors on passe au comportement attendu. Souvent, le blocage est au niveau du sens.

C’est une tâche ardue de laisser tomber le comportement parce qu’on doit laisser de côté tout ce que la société nous apprend et nous rabâche constamment sur les déficits parentaux, soient: les crises de bacon, l’enfant-roi, le manque de (ou une trop grande) discipline, l’enfant ne doit pas avoir le dessus sur les adultes, etc.

STOP.  Tous ces trucs-là sont pour des enfants et des adultes neurotypiques qui ont compris à un très jeune âge comment le système fonctionne et qui sont capables de le manipuler ou seront en mesure de le faire un jour.

Le mien n’a pas compris qu’il y a un système et encore moins son fonctionnement.

Alors on repassera pour la prise de contrôle.