The sky is the limit!

Des fois je te regarde, et je me dis « the sky is the limit » pour toi. Tu peux faire ce que tu veux, tout ce que tu as envie de faire.

D’autres fois, je me dis que je te pousse trop. Que de toutes façons ton autisme te limitera sur certains plans. On me le mentionne tellement souvent.

Est-ce mal de penser que tu peux atteindre, comme n’importe quel enfant, les rêves que tu souhaites réaliser?

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En fin de semaine, je t’ai fait visiter une école privée. St-Charles-Garnier. Une magnifique école avec un profil science que je sais te plairait. Mais les enfants sont poussés beaucoup vers l’excellence. Est-ce trop exiger de toi? Je sais que tu peux y arriver dans ton domaine de prédilection, les sciences. Les efforts requis dans ton environnement mineront-ils ta réussite dans les sciences?

Le secondaire, qu’il soit privé ou public, est un monde totalement différent de ce que tu connais en ce moment. La différence entre les deux peut être très intimidante, voire menaçante. Quand on ajoute la particularité « école privée », on ajoute des standards de réussite plus élevés.

Peux-tu y arriver dans tous les domaines proposés: artistique, culturel, bénévolat et sport??? Et est-ce trop te demander?

Artistique, je n’ai aucune inquiétude. Tu adores le dessin et tous les arts visuels. Je me demande même si ce profil ne te siérait pas mieux… Mais pas tous les arts. Il faudrait vraiment choisir ce qui te passionne et t’y investir à fond.

Sport? Certainement, si on peut choisir le karaté ou encore la natation. Deux sports que tu sembles bien maîtriser. Mais les sports d’équipe, on repassera.

Bénévolat? Certainement, je t’ai d’ailleurs proposé de faire des conférences sur les changements climatiques avec moi et tu sembles intéressé. C’est de la science en plus. Mais peut-on faire approuver ce genre d’activités?

Culturel? Là, j’avoue que je suis embêtée. Je te vois mal faire de l’improvisation ou du théâtre. Pourtant, tu es parfois tellement comédien, tellement caricaturé que peut-être tu pourrais réussir. Après tout, certains comédiens aspies comme Daryl Hannah ou Dan Akroyd semble bien réussir…

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Je choisis de te faire découvrir ses écoles pour que tu voies les possibilités. Tu me poses  tellement de questions sur les études collégiales et universitaires. Je connais ta soif d’apprendre. Je connais aussi tes limites dans les efforts à fournir de façon continue. Et aussi en société. Être dans une classe bruyante pour toi est très difficile. Pourras tu  réussir à contrôler tes réactions en grandissant? À mettre des stratégies en place pour t’aider dans les différents groupes?

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Pour l’instant, je te fais découvrir les possibilités. Un monde complètement différent de ta routine habituelle et de ton école si peu accueillante. Et personne ne pourra me reprocher cette ouverture sur le monde. Comment pourrais-tu imaginer être bien dans un endroit si tu n’en connais aucun? Je te l’ai dit et te le répète: tu choisiras l’école qui te convient à toi. Pas selon ce que les autres pensent d’un bon endroit pour un aspie. Pas ce que les autres croient de tes capacités. Tu choisiras en fonction de toi…

…et peut-être aussi en fonction de mon budget!

D’ici là, on continue les visites, au privé et au public.

J’ose croire que tout est possible.

 

 

 

 

Je vous laisse juger

Je ne sais pas comment nommer mon article. Dois-je le nommer Harcèlement? Ou encore je vois du noir où il n’y en a pas?

Je vous laisse juger.

Rencontre de révision du plan d’intervention de l’école. Ou plutôt rencontre de tous les intervenants dans le dossier de fiston. La direction de l’école et le directeur adjoint, la nouvelle enseignante, la nouvelle éducatrice spécialisée (TES-TSA), l’éducatrice du service de garde, la psychoéducatrice, la psychologue de la commission scolaire, l’éducatrice du CLSC, l’intervenante communautaire d’Autisme Québec et la représentante de l’Office des personnes handicapées du Québec. Ouf. Douze personnes avec moi.

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J’étais très anxieuse face à cette rencontre. L’année passée a tellement été difficile pour fiston. Mais l’école avait mis des mécanismes en place à la fin de l’année scolaire. Des nouvelles personnes avec de l’expérience en accompagnement d’autistes sont maintenant sur place. La rencontre pré-entrée s’était bien passée. Bref, au rationnel, tout me disait que je pouvais avoir confiance qu’ils aient finalement compris.

Je suis très contente de la nouvelle éducatrice spécialisée de fiston. Elle le comprend. Elle n’est pas collée comme un velcro sur lui. Elle a confiance en lui. Il commence à l’apprécier. Pour la confiance, elle se développera tranquillement. J’apprécie aussi sa nouvelle enseignante. Elle respecte son rythme. Elle enseigne beaucoup par projets. De ce côté, je n’ai pas d’inquiétudes. Mais chaque fois que ces deux personnes intervenaient pour dire comment elles étaient confiantes de pouvoir gérer, la direction ramenait le fait qu’il allait s’opposer éventuellement et refuser de travailler. Que c’était inévitable que son trouble d’opposition apparaisse (psitt, fiston n’a pas de trouble d’opposition. Il a de la rigidité dû à son autisme).

Il n’y a rien d’inévitable avec un enfant à mon avis.

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J’ai pris la peine de commencer par dire comment fiston allait bien. Et c’est vrai qu’il va super bien à la maison. Il a eu un magnifique été; s’est promené à souhait; a réalisé plusieurs nouvelles activités. Est-ce qu’il transfère des choses à l’école qui se vit à la maison? Je ne pense pas. Je n’ai pas de crises. Je n’ai pas de rigidités. Je n’ai pas de prise de contrôle. Il a un sommeil paisible, ne grince pas des dents et ne fait pas de cauchemars. Je le laisse tranquille, je le laisse décanter au retour de l’école. Les leçons ne sont pas encore commencées… faudra s’y mettre.

La direction m’a demandé si je voulais un PSII. Un plan d’intervention sur l’ensemble de la vie de fiston, incluant la maison. J’ai dit non. Je n’ai aucune problématique aiguë à la maison qui nécessite de travailler en sous-groupe école et intervenants de la maison. L’ergothérapeute ira en classe pour les aider pour sa main. Je transmettrai les graphiques SACCADE à l’éducatrice pour qu’elle sache ce sur quoi on travaille. Mais outre ces informations, il n’y a pas matière à entreprendre un chantier de remaniement de nos vies. Je le répète: ça va bien à la maison. Et je ne fais pas l’autruche. Ceux et celles qui me côtoient régulièrement ont vu la différence dans mon niveau d’énergie.

Ensuite, nous avons discuté de ses forces et de ses défis. Son grand défi est de faire face à de nouveaux enseignants dans toutes les matières: anglais, musique, éducation physique, nouvelle titulaire, nouvelle éducatrice, nouvelle psychoéducatrice. À part la direction, il n’y a aucune constante pour lui. Mais l’éducatrice soulignait le fait qu’il n’était pas sortie une fois de la classe depuis le début de l’année. C’est à mon avis un bon signe. De plus, il lui a montré ses cachettes au cas où elle le chercherait. Génial.

L’éducatrice a soulevé le fait que tout le personnel devrait être informé de la condition de fiston, afin de ne pas l’approcher lorsqu’il prend des pauses. Oups. La direction a mentionné qu’elle ne pouvait tout faire maintenant mais que ce serait fait dans les prochaines semaines. Je suis contente de ne pas avoir eu à le soulever. C’était une de mes demandes l’an passé et une recommandation de la Direction de la protection de la jeunesse.

En fait, je dois dire que jusqu’à ce moment, la rencontre s’est très bien déroulée, à l’exception de quelques pointes de la directrice. La plus flagrante est celle-ci. Manque de compassion totale.

  1. Fiston s’est encore une fois blessée vendredi passé dans la cour d’école, à la récréation. Il est allé cherché de la glace au secrétariat. Personne n’a posé de question. Il s’est un peu désorganisé en fin de journée. Personne n’est intervenu. J’ai donc demandé à ce que quand il se fait mal, qu’une évaluation sommaire soit faite de son état et que j’en sois informée. Par écrit, par courriel, par téléphone. J’étais déjà intervenue sur le sujet en novembre 2016 quand fiston avait eu une commotion et une foulure du poignet dans la cour d’école. Personne ne m’avait appelée. Et la directrice de me répondre aujourd’hui que la secrétaire ne pouvait pas évaluer la situation de tous les enfants qui viennent chercher de la glace, à moins de grandement se plaindre. Pardon??? J’ai un enfant qui a fait des voyages à l’hôpital à cause de ton école et ça ne sonne pas une cloche quand il va chercher de la glace, sachant que j’ai dit plusieurs fois que même s’il était à l’article de la mort, fiston ne le sentirait pas nécessairement?  Il a donc été convenu (une fois que les intervenantes lui ont relevé son manque de jugement!) que dès que fiston se présente au secrétariat pour une problème de santé, son éducatrice est immédiatement convoquée. Elle pourra faire une évaluation sommaire de son état et juger si je dois être contactée. Elle a de l’allure cette éducatrice!!!
  2. La deuxième pointe est venue suite à la demande d’une intervenante par rapport au maintien physique. Le problème qu’a subit fiston face à une éducatrice du service de garde en avril 2016. La question était de savoir si l’école allait respecter son cadre de gestion sur le maintien physique. Et madame la directrice s’est empressée de dire que je refusais tout maintien physique de fiston. J’espère! Bon, vous ne comprenez pas nécessairement pourquoi je réagis? Le ton utilisé. L’intervenante n’avait même pas fini son idée que la réponse était déjà crachée. Fin de non recevoir. Merci, bonsoir. Mais j’ai bien aimé la réponse de l’éducatrice qui a discuté de la situation avec fiston et lui a dit qu’elle n’utiliserait pas cette technique. Beaucoup de bon sens.

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Jusque-là, à 10 minutes de la fin, je pourrais qualifier cette rencontre de réussite. Sincèrement. La psychologue de la commission scolaire a posé de bonnes questions, notamment sur la sensibilisation à la différence et à l’autisme, sensibilisation avec laquelle je suis amplement en accord mais que l’école a refusé de donner… parce que fiston ne présentait pas des caractéristiques autistiques mais bien de l’opposition. Malaise pour la direction ici.

La prof et l’éducatrice ont démontré une expérience hors du commun. Je suis convaincue que ces deux personnes sauront protéger fiston si elles avaient à intervenir.

Mais la charge est venue du directeur adjoint. Quand il a fait un résumé de la rencontre. Résumé positif okay. Mais la suite, oh boy!

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On m’a dit que je devais mieux collaborer avec eux. Mieux communiquer sur les chantiers entrepris pas SACCADE ou l’ergothérapeute. Que tout ce qui se faisait chez SACCADE devait leur être transmis. Que l’école devait savoir à tous les matins comment il allait. S’il avait bien dormi. Si on s’était chicané… (on sait madame que vous voulez cacher votre vie privée mais ça affecte votre enfant et son comportement et donc, il faut nous avertir!), que je devais rendre disponible pour le personnel de l’école intervenant auprès de fiston tous les documents relatifs au diagnostic… que comme j’avais donné mon consentement seulement au directeur adjoint et à la psychologue,  la directrice avait dû s’asseoir avec la psychologue de la commission scolaire pour établir la demande de la cote du ministère, du jamais vu!…(faut dire que la psychologue scolaire était elle aussi en congé de maladie, comme le 1/5 du personnel de l’école…pis un courriel pour me  demander mon autorisation, ça ne vous a pas traversé l’esprit???) Et que là ils ne voulaient pas revivre la même chose et demandaient à consulter les documents jusqu’à la fin de son primaire, que la protection de ma vie privée nuisait à la capacité d’intervenir de l’école. Qu’on n’avait jamais vu ça que quelqu’un écrive des plaintes à l’école et à la commission scolaire comme je le faisais, que c’était très rare, en fait que j’étais la seule à faire ça. Que si on voulait réussir cette année je devais y mettre du mien….

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Je n’ai rien dit. J’aurais pu déballer l’ensemble de mon sac. Et vous savez en tant que lecteur de ce blogue comment l’année a été difficile avec l’école. Vous avez également eu des échos par d’autres parents des difficultés face à la direction. Vous m’avez vu pleurer, rager, essayer, dire et redire encore et encore. Utiliser d’autres personnes pour passer le message. J’ai tellement travaillé à contre courant pour que l’on reconnaisse le diagnostic de fiston. Si ce n’était pas si invisible l’autisme…

J’ai regardé l’intervenante à ma droite. J’aurais aimé qu’elle réagisse à mon désarroi. Je croyais que les intervenantes allaient dire quelque chose. Elles ont préféré se taire pour ne pas mettre de l’huile sur le feu. Qu’il fallait selon elles tabler sur le positif mis en place par l’école et laisser tomber l’attitude condescendante de la directrice et son directeur adjoint. Qu’une d’elle s’était déjà engueulée solidement avec la directrice et qu’il n’y avait rien à faire. Qu’elles avaient été témoin de la charge en règle contre moi et qu’elles pourraient en témoigner au courant de l’année si la situation se dégradait.

Ai-je fait une gaffe? Aurais-je dû transférer fiston d’école?

Alors, harcèlement ou réaction trop vive? Mais laissez moi vous dire que les trois personnes qui m’accompagnaient sont d’accord avec moi. La direction, malgré tous les efforts mis en place, a une crotte sur le cœur et n’est pas prête à lâcher le morceau.

Mais savez-vous quoi? Je leur fait peur. Terriblement. Et ils ont raison. Sinon, pourquoi avoir les mains si moites quand on me serre la main? La mienne était pourtant bien au sec.  Mais j’ai dû m’essuyer la main après. Eurk!