La tristesse d’une maman

Un article très émouvant est paru ce matin sur le blogue d’Au Royaume d’une Aspergirl Pour les gens comme nous, c’est triste les personnes comme vous (autiste asperger). Je vous incite vraiment à suivre ce blogue. En tant que mère d’un enfant asperger, j’y comprends beaucoup de choses et cela rends la communication plus facile avec fiston.

Je ne veux aucune levée de boucliers contre la personne qui a énoncé ce qu’il ressentait (tristesse); ça ouvre une saine discussion. De toute manière, devant mon désarroi, il a dit :  »On va s’en reparler. »

Je trouve que la personne a fait montre de beaucoup d’empathie dans ce commentaire.

La tristesse vient souvent lorsqu’une autre personne vit des choses difficiles ou différentes. C’est la conscience et la réalité des émotions : admettre la tristesse de la situation, c’est admettre notre impuissance à la changer. Pour certains, ça s’arrête là. Pour d’autres, c’est aussi le début d’un changement, une petite chose à la fois. J’ai confiance dans ce On va s’en reparler.

J’ai apprécié les commentaires des autistes aspergers sur ce texte. Le niveau de connaissance de soi est exceptionnel.

J’ai essayé plusieurs fois ce matin de répondre à sa question : Êtes-vous tristes d’être asperger? Je veux des pour et des contres. Puis les neurotypiques, êtes-vous tristes pour nous?  J’ai effacé et recommencé plusieurs fois mon commentaire sur la page Facebook. J’avais tellement de choses à dire et surtout de nuances à apporter. Alors voici mes quelques réponses. Je suis certaine qu’au cours des prochains jours j’en ajouterai. Pour mes lecteurs, vous pouvez laisser des commentaires au bas de cet article (privé) ou sur la page Facebook du blogue (public).

  1. Je suis triste quand on juge fiston sur son mauvais comportement et son apparent manque de volonté alors qu’il est en surcharge. Sortir le bâton (sens figuré!) dans ces moments me fait réellement enrager! L’école est bonne dans le fait de ne pas voir fiston pour ce qu’il est réellement : un enfant charmant et brillant, qui observe beaucoup et qui vous a cerné vous les adultes qui le côtoient beaucoup plus profondément que vous ne l’avez fait pour vous même. C’est d’autant plus difficile pour fiston dans ce contexte de trouver des gens en qui il peut avoir confiance.
  2. Je suis triste quand moi-même je réagis à une situation alors que j’aurais dû me détourner et laisser fiston revenir par lui-même ou encore réaliser par lui-même. Oui le chemin d’une mère d’enfant asperger est souvent ardu et j’avoue que je m’y perds parfois. Je me console en me disant que fiston me fait encore confiance; je dois faire plus de bons coups que de mauvais coups.
  3. Je suis triste du chemin que fiston aura à parcourir. Tous les enfants ont de belles qualités et apportent beaucoup. Mais il y a des chemins qui sont plus difficiles encore dans cette société. Oui les choses progressent, mais pas assez vite à mon goût. L’acceptation de toutes les différences est un but encore trop loin dans cette société et ça me rends triste de voir les combats que fiston aura à mener. Je ne sais pas encore lesquels et je ne veux pas m’y attarder. Mais la conscience de ces combats futurs est aussi un atout. C’est à moi de lui montrer qu’on peut s’outiller pour qu’il puisse le faire pour lui-même.
  4. Je suis triste qu’il veuille parfois être pareil comme les autres pour ne pas attirer trop de regards sur lui. Il a tellement de belles qualités. En période d’anxiété, il est capable de jouer parfaitement au caméléon. Il se fonds dans la masse des neurotypiques. Malheureusement, jouer au caméléon lui demande beaucoup d’efforts… et il finit pas s’effondrer et être en surcharge. Un jour il comprendra toute la richesse de ses qualités.
  5. Je suis triste qu’il se dévalorise si souvent. Son estime de soi est parfois très affectée par des commentaires disgracieux,  des gestes à son égard ou des supposé échecs. C’est déjà assez difficile la pré-adolescence!
  6. Un commentaire très personnel… je suis triste pour lui d’avoir une mère monoparentale. Un papa plus présent, et une mère moins fatiguée, lui apporterait certainement plus de stabilité familiale et lui donnerait encore plus confiance en lui. J’en suis désolée fiston.

 

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2 réflexions sur “La tristesse d’une maman

  1. Beaucoup de sensibilité. Merci de cet avis simple, posé. Différent ? Oui, un asper l’est…Par expérience, beaucoup d’autres aussi ! J’ai pu constaté que LA Norme n’existe pas, juste une fréquence plus forte considérée comme cela -et encore, en regardant de loin- C’est peut-être cela la vie : se connaitre, s’accepter, et faire ce que l’on sait. Ainsi tout le monde en profite, tout arrive, tout est possible, soi par soi-même, soi par un autre !
    Perso, après des années pour « bien faire », « rentrer dans le moule »…sans succès mais avec beaucoup de difficultés, j’ai fini par comprendre cela. Etre soi, faire ce que l’on sait est bien plus efficace et valorisant ! Je ne suis pas asper, mais très « autre » quand même -c’est aussi le cas de beaucoup ! –

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    • Effectivement, aussitôt que l’on se distingue de la masse, on est « autre. Je suis donc également « autre », du moins je le crois.
      Merci d’avoir pris le temps de lire mon blogue.

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