Un beau cadeau

La plus grande difficulté pour moi quand je dois sortir la warrior mom, c’est de la remettre au repos. Une fois sortie, elle est bien difficile à contenir.

Depuis cet article, je suis en mode de combat perpétuel. Il y a cette rage au fond de moi, qui fait que je suis prête à déchiqueter la personne qui me fait suer.

Mais je sais me contenir. Ça ne m’empêche pas de la vivre intensément cette rage.

Ella a donc teinté mon dernier mois. Moins de patience, plus d’évitement. Moins de temps de qualité (avec moi-même et avec fiston).

Bref, cette rage m’empoisonne la vie.

Mais est-ce bien la rage qui m’empoisonne vie ou est-ce la peur?

Peur et rage ne vont pas de pair vous allez me dire. Et bien oui, elles vont très bien ensemble.

Quand t’es tellement enragée que tu sens que tu pourrais perdre le contrôle, ça fait peur.

Mais rassurez-vous. Le premier pas à faire est d’effectivement de prendre conscience de ce qui bouillonne au plus profond, de nommer la chose et de la regarder.

Alors j’ai bien regardé cette peur de perdre le contrôle et j’ai vu que je pouvais la contenir pour diminuer la peur…

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On ne se rend pas bien compte de tous les bienfaits du karaté. Des techniques de défense, des techniques d’attaque; un sport; un exutoire… toutes ces réponses sont bonnes. Mais la plus belle chose que mes profs m’ont enseignée, c’est le contrôle.

Placée en situation d’attaque, avec certaines techniques, on peut tuer. Littéralement. Mais toutes les situations ne méritent pas la mort. Et je ne veux certainement pas avoir une mort sur la conscience.

D’où l’importance du contrôle.

Mes profs m’ont placée en situation de perte de contrôle. Quand tu es tout juste sur la ligne de bascule…tu sens la boule de colère en toi; tu sens son énergie; tu la contemples; tu peux t’y perdre…

Ou décider d’y puiser la force.

C’est ça le contrôle. On frappe de façon rationnelle et non aveuglée par la colère. Les coups sont plus précis. L’attaque est ciblée. Et tu restes dans le moment présent.

Un beau cadeau.

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Aujourd’hui, j’ai réalisé que j’avais déjà vécue une situation semblable et que j’avais réussi à contenir le tout. Que je pouvais donc contrôler la warrior mom. Je n’ai plus peur de ma colère. Je l’ai domptée. Mais je sens toujours son énergie.. elle me sera encore utile puisque la situation n’est pas encore réglée.

 

 

 

Je te salue grand-maman!

Ma grand-maman a revêtu des ailes d’ange le 22 février, au petit matin.

Certains diront que les ailes d’ange, elle ne les a pas toujours porté de son vivant. Mais elle les a toujours porté pour moi.

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Nous n’avons pas eu beaucoup de temps ensemble toi et moi, grand-maman.

La vie nous a joué de vilains tours, plus souvent qu’autrement. Le dernier étant la maladie d’Alzheimer. Une belle voleuse de temps celle-là!

Mais quand on était ensemble, je savais que tu m’aimais. Je le sentais quand tu me prenais dans tes bras.  Je l’entendais quand tu me racontais tes histoires, je le voyais quand on regardait des photos. Dans tous les souvenirs qui te revenaient, tu me voyais encore toute petite.

C’est probablement ce que j’ai aimé le plus de mon temps avec toi grand-maman; que tu voyais toujours la petite fille de trois ans qui avait besoin d’être aimée, simplement.

Je te salue grand-maman!

Je sais que tu veilleras toujours sur moi; prends soin aussi de toute la tribu.

 

 

 

 

 

Oui, on est rendu là (2)

Nous avons franchi une nouvelle étape aujourd’hui. J’ai demandé et reçu l’aide de l’Office de la protection des personnes handicapées (OPHQ). Oui, on en est rendu là.

L’école fait des siennes. Encore. Cette fois-ci, j’ai reçu l’information par courriel. Une belle preuve écrite.

Fiston a mal agit dans son cours d’anglais cette semaine.

Et la prof de m’écrire que son comportement était inacceptable, pour elle et pour les autres; qu’il était hors de contrôle; que la seule façon que sa belle note serait entrée au bulletin était si fiston allait la chercher lui-même à son bureau en présentant des excuses en trois copies! Que c’était maintenant tolérance zéro pour lui.

Quand on ajoute l’insulte à l’injure.

De plus, malgré les interventions auprès des différents répondants de l’école par la travailleuse sociale du CLSC, l’intervenante d’Autisme Québec et moi-même, l’école n’a pas reprit la routine ni les outils d’accompagnement de fiston qu’on avait mis en place à l’automne. Rien. Nada. Et fiston qui déteste de plus en plus la TES qui l’accompagne. Quand ça dérape…

Alors, j’ai donné pleins pouvoirs à la conseillère de l’OPHQ pour toutes les démarches auprès de l’école et de la commission scolaire. À compter d’aujourd’hui, c’est elle qui fera bouger les choses.

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En février 2017, au 21e siècle, je dois me battre pour le respect des droits de mon enfant.

Le droit à un traitement équitable.

Le droit à la reconnaissance de sa différence.

Le droit d’être reconnu et traiter comme un enfant.

Purement et simplement.

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J’ai déjà écrit qu’on en était rendu là. Je ne pensais pas qu’on pouvait aller plus bas.

J’avais tellement espoir qu’avec un diagnostic les choses allaient se placer. Naïve que je suis!

Au moins, j’ai demandé de l’aide et je l’ai reçue.

Ça met un petit baume sur le cœur.

Mais ça fait aussi terriblement mal à mon cœur de mère.

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Ce soir, j’aurais préféré être dans mon lit. J’aurais voulu me recroqueviller dans un coin et pleurer pour sortir toutes les cochonneries vécues cette semaine (pas seulement avec fiston).

J’ai tout de même réussi à jouer avec fiston à Sorry, un jeu de société. Il a perdu et en a presque fait une crise…mais j’ai sorti une balle de tennis et je lui ai fait un bon massage dans le dos. Ça lui a fait du bien. Merci aux lectrices de ce blogue de cette suggestion. J’ai aussi utilisé de l’huile essentielle de lavande.

Ma plus belle victoire ce soir a été d’avoir réussi à être une mère présente malgré les embûches de la vie.

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En terminant, j’ai écrit à la directrice de faire inscrire au bulletin la note de fiston en anglais, sans délai et sans autre intervention.  Pouvais pas laisser passer cette occasion quand même!

L’anxiété et la bulle

Définitivement, l’anxiété est revenue pour fiston.

À l’automne, j’avais droit à des câlins, des rires et des sourires sans restrictions.

Maintenant j’ai droit à :

c’est pas parce que t’es ma mère que t’as le droit d’entrer dans ma bulle!

Ouch!

Incapable de l’approcher.

Mais tu es obligée de t’asseoir sur mon lit deux minutes pour que je m’endorme.

C’est son seul rituel (connu). Et ce rituel est encore plus important pour lui en temps d’anxiété. Ne pas s’endormir seul. Je l’avais remarqué depuis plusieurs jours que l’anxiété était dans le piton. Les nuits sont plus difficiles, les cauchemars, les cris, les pipis; impossible d’être sur des étages différents dans la maison. Il me demande constamment de l’attendre. Ou de le suivre pas à pas.

Cette semaine, il a fait savoir à un garçon de sa classe qu’il avait envahi sa bulle. Et l’autre de répondre ‘Ouin pis?’ Ohh que la journée a été difficile!

La fameuse bulle. Si c’était juste la bulle, on pourrait s’y faire. Mais c’est aussi le périmètre autour d’un mètre de largeur, dans lequel baigne des crocodiles et des requis qui est difficile à gérer. Parce que l’expression ‘marcher sur des œufs‘ n’a peut-être pas été inventée pour des autistes mais elle se colle très bien à cette réalité.

Aujourd’hui il m’expliquait que parfois, il sent que les gens sont différents; parfois, il se sent différent des autres. Et quand il se sent différent, ça l’affecte beaucoup. Il se sent seul. Et de rajouter :

La belle vie me manque!

De quelle vie parles-tu Ti-lou? Parce que celle que nous avons est la seule que je connaisse.

Je parle d’une autre vie, celle que j’avais avant d’avoir ce corps, avant de vivre cette différence. Celle où je n’étais que liberté.

Je n’ai pas su quoi répondre.

 

 

 

Warrior mom

J’ai vu quelques fois l’expression Warrior mom sur différents sites et de blogues de parents d’enfant autiste.

Je pense que, jusqu’à hier, je n’en comprenais pas toute la portée et la signification de cette expression.

Après avoir appris que l’école ne reconnaissait toujours pas l’autisme chez fiston, j’ai mis en branle une série d’actions pour faire changer les choses. J’ai sorti l’artillerie.

J’ai frappé sur le clou de quatre différentes façons.

Et j’ai signifié qu’à partir de maintenant, ce serait toujours le même message.

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